L’opérateur historique a lancé le 17 mars « Orange Drone Guardian », présentée comme la première offre de détection anti-drones en mode service en Europe. Le principe : greffer des capteurs sur les 19 700 pylônes de sa filiale TOTEM pour repérer les drones intrusifs au-dessus des sites sensibles. Le centre de supervision est basé à Rennes, en Bretagne, au cœur de l’écosystème français de cyberdéfense.
Un réseau télécom reconverti en sentinelle aérienne
L’idée est aussi simple qu’efficace : plutôt que de construire de nouvelles infrastructures de surveillance, Orange utilise ce qu’il possède déjà. Les 19 700 pylônes, toits-terrasses et châteaux d’eau de TOTEM — la filiale qui gère les tours passives supportant les antennes mobiles — constituent un maillage territorial unique, capable d’accueillir des capteurs de détection sur l’ensemble du territoire national.
Ces capteurs, fournis par Hologarde (filiale du Groupe ADP spécialisée dans la lutte anti-drones), repèrent, identifient et classent les drones en temps réel, puis transmettent les données à un centre de supervision opéré 24h/24 par des experts d’Orange Business. La portée de détection s’étend de 6 à 20 kilomètres autour de chaque antenne équipée, permettant de couvrir de larges zones sans déploiement supplémentaire.
Le tout est proposé sur abonnement — en mode « as a Service » — ce qui signifie que les clients (industriels, aéroports, ports, organisateurs de grands événements) n’ont aucun équipement à acheter ni à entretenir.
Rennes au cœur du dispositif
Le centre de supervision d’Orange Drone Guardian est situé à Rennes, ce qui n’a rien d’un hasard. La capitale bretonne s’est imposée ces dernières années comme le pôle français de la cyberdéfense et de la sécurité numérique. On y trouve le CyberSoC d’Orange, le commandement de la cyberdéfense du ministère des Armées (COMCYBER), l’antenne de l’ANSSI, ainsi que les centres de cyberdéfense de Thales et de nombreuses PME spécialisées.
Le choix d’une infrastructure souveraine — cloud qualifié SecNumCloud par l’ANSSI, connectivité maîtrisée de bout en bout par Orange sur le territoire national — constitue un argument de poids dans un contexte où la dépendance aux technologies étrangères en matière de défense est un sujet politique majeur.
Pourquoi maintenant ?
Les survols suspects de sites sensibles se sont multipliés ces derniers mois en France. La base de sous-marins nucléaires de l’Île Longue à Brest, le porte-avions Charles de Gaulle, des centrales nucléaires et des sites industriels classés ont tous été survolés par des drones non identifiés. Le ministère des Armées a d’ailleurs organisé du 9 au 13 mars un « Battle Lab drones » à Captieux (Nouvelle-Aquitaine) pour tester des systèmes de détection et de neutralisation.
Face à cette montée des menaces, le gouvernement pousse à l’émergence d’un écosystème national de lutte anti-drones. Un nouveau texte, qui devrait être intégré à la loi de programmation militaire actualisée d’ici l’été, pourrait autoriser les opérateurs d’importance vitale (OIV) à neutraliser eux-mêmes les drones intrusifs au-dessus de leurs installations. Actuellement, seuls les militaires et les forces de l’ordre sont habilités à le faire, notamment grâce à des fusils brouilleurs d’ondes.
C’est la limite actuelle d’Orange Drone Guardian : le service se cantonne à la détection. En cas de menace avérée, les clients doivent alerter la gendarmerie ou les forces armées pour procéder à la neutralisation. Une restriction que l’évolution législative pourrait lever pour certains sites critiques.
Orange travaille par ailleurs sur une technologie prometteuse : la transformation de ses antennes-relais 5G en « radars passifs » capables de détecter n’importe quel objet volant, y compris les drones dont le transpondeur d’identification a été désactivé — scénario typique d’une attaque terroriste ou d’une opération d’espionnage.
Une diversification stratégique pour Orange
Pour l’opérateur, cette incursion dans la défense n’est pas anecdotique. La division Défense et Sécurité d’Orange Business, créée en juin 2025, emploie déjà environ 300 personnes et a réalisé « plusieurs centaines de millions d’euros » de chiffre d’affaires en 2025. Sa directrice générale en France, Wassila Zitoune-Dumontet, table sur une croissance de 7% par an jusqu’en 2028.
Pour asseoir sa crédibilité, Orange s’est offert des recrues de prestige : Guillaume Poupard, ancien directeur général de l’ANSSI, nommé « directeur général de la confiance » depuis le 1er février 2026, et le général Olivier Bonnet de Paillerets, ex-numéro deux de la DGSE, devenu directeur général adjoint d’Orange Cyberdefense.
Outre la France, Orange prévoit de déployer son offre dans les pays d’Europe de l’Est où il est présent — Pologne, Roumanie, Slovaquie et Moldavie —, autant de nations frontalières de l’Ukraine où la menace drone est une réalité quotidienne depuis plus de quatre ans.
À l’heure où la guerre en Ukraine a démontré le rôle décisif des drones dans les conflits modernes et où les survols suspects d’installations stratégiques se banalisent en France, voir un géant des télécoms mettre son infrastructure au service de la défense nationale constitue une évolution majeure. Reste à savoir si cette initiative s’inscrira dans une véritable politique de souveraineté technologique — ou si elle finira, comme tant d’autres promesses, noyée dans les appels d’offres et les réglementations bruxelloises.
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[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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Une réponse à “Défense. Orange transforme ses 20 000 antennes en bouclier anti-drones : une solution souveraine avec un centre de supervision à Rennes”
Utopie ou réalité, avec Orange cela doit être un coup de pub. De toute façon c’est Bruxelles qui décidera…comme d’habitude.