Quimper. Un père de famille poursuivi en justice pour avoir choisi d’instruire ses enfants à la maison

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Tristan, père de trois enfants dans le Finistère, comparaîtra le mercredi 25 mars devant le tribunal de police de Quimper. Son délit ? Avoir refusé de scolariser ses enfants pour les instruire lui-même en famille, comme il le faisait légalement avant 2022. Depuis la loi dite « séparatisme » votée en 2021, ce qui relevait d’une simple déclaration administrative est devenu un parcours du combattant soumis à autorisation — et passible de six mois de prison. Plus de 110 familles en France sont aujourd’hui poursuivies pénalement pour ce même motif.

De la liberté à l’autorisation : ce qu’a changé la loi « séparatisme »

Pour comprendre cette affaire, un rappel s’impose. Jusqu’à la rentrée 2022, l’instruction en famille (IEF) était un droit plein et entier en France. Les familles qui faisaient ce choix devaient simplement effectuer une déclaration écrite auprès de l’académie et se soumettre à un contrôle pédagogique annuel. Le système fonctionnait, et des dizaines de milliers d’enfants en bénéficiaient.

L’article 49 de la loi du 24 août 2021 « confortant le respect des principes de la République » — adoptée officiellement pour lutter contre le séparatisme islamiste — a tout changé. L’école est devenue obligatoire dès 3 ans et l’IEF est désormais soumise à un régime d’autorisation préalable, accordée selon quatre motifs limitatifs. Aucun de ces motifs ne reconnaît le choix pédagogique ou le mode de vie familial comme justification valable.

Résultat : des milliers de familles qui pratiquaient l’IEF en toute légalité se sont retrouvées du jour au lendemain hors-la-loi, contraintes de demander une dérogation que l’administration refuse massivement.

L’affaire Tristan : la désobéissance civile comme dernier recours

Tristan et son épouse Maïté instruisent leurs deux aînés en famille « depuis toujours », selon leurs termes. Après l’entrée en vigueur du nouveau régime, ils ont scrupuleusement suivi la procédure : demande d’autorisation, puis recours administratif préalable obligatoire (RAPO), puis référé-suspension devant le tribunal administratif. Tout a été rejeté.

Face à ce mur administratif, le couple a fait le choix de la désobéissance civile en rejoignant l’association Enfance Libre. Ils ont continué d’instruire leurs enfants à domicile, en conscience, en assumant les conséquences.

Ces conséquences n’ont pas tardé : audition en gendarmerie en janvier 2025, ordonnance pénale en décembre 2025 avec une amende de 322 euros chacun. Les parents ont fait opposition. Tristan est désormais convoqué seul devant le tribunal de police de Quimper le 25 mars à 8h30, sans avocat — un choix délibéré pour porter lui-même sa parole devant le juge.

Une loi anti-séparatisme qui frappe les mauvaises cibles

L’ironie de la situation est cruelle. La loi « séparatisme » avait été présentée par le gouvernement Macron comme un outil de lutte contre le communautarisme islamiste et les écoles coraniques clandestines. Dans les faits, ce sont des familles françaises, républicaines et parfaitement intégrées qui en font les frais.

L’association Enfance Libre, qui regroupe plus de 180 familles entrées en désobéissance civile et 200 sympathisants, le martèle dans son manifeste : « Nous ne sommes ni des séparatistes, ni des extrémistes, mais des citoyennes et des citoyens français, républicains, laïques et engagés dans la vie démocratique de notre pays. »

Le bilan de cette répression est édifiant :

  • Plus de 110 familles poursuivies ou ayant été poursuivies pénalement
  • Une quarantaine ayant subi des procédures sociales (informations préoccupantes, mesures judiciaires d’investigation éducative)
  • Une vingtaine s’étant vu supprimer tout ou partie de leurs aides sociales — y compris des allocations pour enfants handicapés

Le cadre pénal prévu par la loi donne le vertige : jusqu’à six mois d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende pour avoir instruit ses propres enfants en dehors du cadre autorisé. On mesure l’absurdité du dispositif : dans un pays où des délinquants multirécidivistes ressortent libres du tribunal, un père de famille breton risque la prison pour avoir appris à lire à ses enfants autrement qu’à l’école publique.

L’article 26.3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, que la France a pourtant ratifiée, est pourtant limpide : « Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d’éducation à donner à leurs enfants. »

Rassemblement de soutien devant le tribunal

Un rassemblement de soutien est prévu devant le tribunal judiciaire de Quimper dès 8h00, mercredi 25 mars :

  • Date: mercredi 25 mars 2026, audience à 8h30
  • Lieu: Tribunal judiciaire de Quimper, 48A quai de l’Odet (29000)
  • Rassemblement: à partir de 8h00 devant le tribunal

Que l’on soit partisan ou non de l’instruction en famille, cette affaire pose une question fondamentale : dans quelle démocratie un État s’arroge-t-il le monopole absolu de l’éducation des enfants au point de criminaliser des parents dont le seul tort est de vouloir transmettre eux-mêmes le savoir à leurs propres fils et filles ? La loi « séparatisme » devait viser les ennemis de la République. Elle frappe aujourd’hui ses citoyens les plus engagés.

Crédit photo : DR

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6 réponses à “Quimper. Un père de famille poursuivi en justice pour avoir choisi d’instruire ses enfants à la maison”

  1. Durandal dit :

    Bonjour,

    Ben vous voyez que la justice et la police sont suffisamment dotées en moyen financiers !

    Cdt.

    M.D

  2. guillemot dit :

    Il est évident que si les parents se mettent à vouloir être responsables en donnant à leurs enfants un enseignement conforme à ce qui a toujours été, l’ETAT totalitaire va y laisser des plumes et surtout perdre son emprise sur tous ces enfants . Il fût un temps ou les instituteurs , les hussards noirs , souvent de gauches, étaient avant tout des enseignants et non des commissaires politiques comme aujourd’hui.

  3. Ubersender dit :

    Voilà le danger : soustraire les jeunes cerveaux malléables à l’emprise idéologique des coupeurs de têtes. Hors de question que vos enfants échappent à Evars et autres turpitudes … Ils ont eu l’écriture « inclusive » qui préparait le terrain à « l’inclusivité » tous azimuts, incluant, c’est le cas de le dire, l’infecte « théorie du genre » fabriquée de toutes pièces pour vous mettre le cerveau à l’envers et faire dire aux mots le contraire de ce qu’ils expriment. Technique à l’honneur dans toutes les dictatures de la pensée. Et bien évidemment, l’Etat a les moyens et le temps à consacrer pour casser les burnes aux braves gens, quand il n’est plus en mesure d’assurer la sécurité publique dans les quartiers et, bientôt, dans les campagnes. Résistance citoyenne !

  4. kan al louarn dit :

    L’état français a toujours besoin d’avoir la mainmise sur les enfants et la jeunesse en général. Quoi de mieux sue l’école pour formater les jeunes et éviter la concurrence de l’influence des parents ? N’oublions jamais que nous faisons des enfants non pour nous mais pour la France.
    Comme il s’agit présentement de parents Bretons, j’ajouterai cette phrase tiré du livre de Morvan Lebesque : »A ce jour des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils Bretons ? Nul ne le sait. A chacun l’âge venu la découverte ou l’ignorance ». Suivant bien sûr ce qui qui leur a été transmis et par qui;

  5. Jean Berland dit :

    Les crimes de lèse ripoublique vont s’enchaîner au point que presque tout le monde devra choisir entre prison et exil…

  6. Michel dit :

    Je ne sais pas comment cela se passe dans les autres pays de l’Union européenne ni dans les autres pays hors Union Européenne mais il me semble qu’il est temps de faire de l’émigration politique.

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