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Au IXe siècle, ce chef breton a unifié la péninsule armoricaine et posé les fondations d’un royaume indépendant face à la puissance franque.
Personnage fondateur de l’histoire bretonne, Nominoë incarne la résistance d’un peuple face à l’hégémonie carolingienne. S’il n’a jamais officiellement porté le titre de roi, c’est bien lui qui a forgé l’unité bretonne et ouvert la voie à l’indépendance du royaume.
Des origines incertaines
Né aux alentours de l’an 800, Nominoë demeure entouré de mystère quant à ses origines exactes. Selon l’historien Dom Morice, il serait issu de la lignée des anciens rois de Bretagne, fils d’un certain Erispoë, comte de Rennes. D’autres sources, moins bienveillantes — notamment les moines de Saint-Florent-le-Vieil dont il avait incendié le monastère —, le présentent comme le fils d’un paysan enrichi par la découverte d’un trésor. Cette version relève toutefois de la pure fantaisie : à l’époque carolingienne, seuls les membres de la haute aristocratie pouvaient accéder aux charges publiques.
Son nom lui-même intrigue les spécialistes. Il dériverait du vieux breton « nom », signifiant « temple », ou du gaulois « nemeton » désignant un sanctuaire. Certains historiens le rattachent au Poher, peut-être à Botmel près de Callac, ou encore à Bonnevel en Priziac.
L’homme de confiance des Carolingiens
Au début du IXe siècle, l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, cherche à soumettre durablement les Bretons. Après avoir vaincu Morvan Lez Breizh et obtenu la soumission des chefs locaux vers 818, il comprend qu’un Breton sera mieux accepté qu’un Franc pour gouverner la péninsule.
En 831, lors du plaid d’Ingelheim, Louis le Pieux désigne Nominoë comme comte de Vannes et « missus imperatoris » — envoyé de l’empereur en Bretagne. Cette fonction lui confère des pouvoirs considérables dans les domaines administratif, judiciaire et même religieux. Nominoë restera fidèle à son suzerain jusqu’à la mort de celui-ci en 840.
Le décès de Louis le Pieux bouleverse l’échiquier politique. L’Empire est partagé entre ses trois fils, et Charles le Chauve hérite de la Francie occidentale. Nominoë, après avoir brièvement soutenu Lothaire, finit par se rallier à Charles avant d’entrer en rébellion ouverte.
Il trouve un allié précieux en Lambert II de Nantes, aristocrate franc écarté du pouvoir par le nouveau roi. Ensemble, ils vont défier la puissance carolingienne.
La victoire de Ballon
Le 22 novembre 845, les armées franques pénètrent en Bretagne. La rencontre a lieu près de Redon, à Ballon. Les chroniques de l’époque décrivent une défaite humiliante pour Charles le Chauve.
Les Annales de Fontenelle rapportent que les Bretons, « aidés par la difficulté des lieux et les terrains marécageux, se révélèrent les meilleurs ». Les Annales de Saint-Bertin évoquent quant à elles un roi franc ayant « imprudemment attaqué avec des forces limitées » avant de voir les siens « lâcher pied par un renversement de fortune ».
Comment expliquer ce triomphe face à l’armée qui, quelques décennies plus tôt, avait unifié une grande partie de l’Europe sous Charlemagne ? Les Bretons excellaient dans l’art de la guérilla : ils attiraient l’ennemi dans des zones marécageuses, l’épuisaient par des manœuvres de cavalerie et des harcèlements de javelots, avant de fondre sur lui pour l’achever.
L’émancipation religieuse
Fort de ses succès militaires, Nominoë s’attaque à un autre pilier du pouvoir carolingien : l’Église. Les évêques bretons, nommés par les Francs, lui sont hostiles. En 848, il envoie une délégation à Rome menée par Conwoïon, abbé de Redon. Le pape Léon IV refuse de se prononcer sur la déposition des prélats mais suggère la tenue d’un synode.
Nominoë opte pour le coup de force. En avril 849, à Coët Louh, il réunit une assemblée de clercs et de laïcs. Les évêques de Vannes, Quimper, Dol et Léon sont condamnés pour simonie et remplacés par des prélats bretons. De nouveaux évêchés sont créés à Aleth, Tréguier et Saint-Brieuc. Ce n’est plus une simple révolte : Nominoë revendique une prérogative royale.
Les dernières années de Nominoë sont marquées par des campagnes incessantes vers l’est. Ses troupes s’aventurent jusqu’aux abords de Bayeux. En 850, il s’empare de Rennes, Nantes, Le Mans et lance des raids sur le Maine et l’Anjou.
C’est au cours d’une de ces expéditions qu’il trouve la mort, le 7 mars 851, près de Vendôme. Il est inhumé à l’abbaye Saint-Sauveur de Redon, qu’il avait contribué à fonder.
L’héritage d’un bâtisseur
Nominoë n’a jamais porté officiellement le titre de roi. Dans les actes de l’époque, il apparaît tour à tour comme « duc des Bretons », « prince de Bretagne » ou « prince de toute la Bretagne ». C’est son fils Erispoë qui, quelques mois après sa mort, sera reconnu roi par Charles le Chauve à la suite de la bataille de Jengland-Beslé — victoire encore plus décisive que Ballon pour l’indépendance bretonne.
Le traité d’Angers, signé en 851, confirme que les comtés de Rennes et de Nantes ainsi que le Pays de Retz font partie intégrante du royaume de Bretagne.
Les historiens du XIXe siècle, notamment Arthur de La Borderie, ont fait de Nominoë le « Tad ar Vro », le Père de la Patrie. Une reconnaissance tardive mais méritée pour celui qui, en moins de deux décennies, a transformé une mosaïque de territoires en un acteur politique majeur de l’Europe occidentale.
À Redon, une plaque commémorative salue encore sa mémoire : « À la gloire de Nominoë, premier roi de Bretagne, fondateur de la ville de Redon avec saint Convoyon ». Un raccourci historique, certes, mais qui témoigne de la place qu’occupe ce personnage dans l’imaginaire breton.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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3 réponses à “Tad ar Vro. Nominoë, le « Père de la Bretagne » qui défia l’Empire carolingien”
Ce vaillant personnage aurait il servi de modèle pour les B.D. astérix ?
Il y a au moins deux mille ans d’écart entre les derniers menhirs et Obélix, il y a huit cents ans entre Astérix et Nominoë. Vous me direz qu’Astérix combat les Vikings qui écumèrent nos côtes et rivières huit cents ans après, je sais. Mais pourquoi pas Conan si vous voulez vous raccrocher à la mythistoire ?
Pour déloger les Saxons d’Harold des côteaux d’Hastings les Bretons utilisent la même technique rompre les lignes et revenir au galop pour lancer des javelines. Encore une fois la prétendue « sainte » Eglise avait choisi celui qui défendait ses privilèges et sa sainte oseille. Pierre Mauclerc a été confronté au même problème. Et aujourd’hui c’est la déconfiture faute de fondement contrairement aux croyances celtes.