Orban, Trump, Poutine…et tous les autres : L’idolâtrie politique : ce vice qui ronge et tue de l’intérieur

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Alors comme ça, Orbán a perdu. Les groupes Telegram ou  Facebook s’affolent. Les commentaires s’enchaînent. Les analyses tombent en cascade. « C’est la fin de l’Europe souverainiste. » « Bruxelles a gagné. » « On est foutus. » Certains pleurent presque. D’autres ragent. Tous commentent, partagent, réagissent, s’indignent.

Et pendant ce temps — pendant que vous passez votre soirée à scruter les résultats d’une élection dans un pays dont vous ne parlez pas la langue, dont vous ne connaissez pas un seul habitant, et sur lequel vous n’avez strictement aucune prise — vos enfants grandissent dans une école qui les formate. Votre commune perd ses derniers commerces. Votre voisin agriculteur est à deux doigts de craquer. Votre langue, votre culture, votre territoire se vident lentement de leur substance.

Mais Orbán. Parlons d’Orbán.

Vous êtes devenus des groupies du politique mondial

Soyons honnêtes. Disons ce que personne ne veut dire.

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Une large partie de la droite identitaire française — et bretonne — s’est transformée en fan-club international. Orbán était l’idole. Avant lui, c’était Trump. Demain ce sera quelqu’un d’autre. Modi peut-être. Ou Milei. Ou le prochain homme providentiel que les chaînes Bolloré et les algorithmes de Twitter vous présenteront comme le sauveur de la civilisation occidentale.

Vous suivez ces hommes comme des adolescents suivent leurs influenceurs. Vous partagez leurs discours. Vous achetez leurs livres. Vous lisez leurs citations sur fond de coucher de soleil. Vous débattez pendant des heures de ce qui se passe à Budapest, à Washington, à Kiev, à Gaza — comme si votre opinion là-dessus allait changer quoi que ce soit à quoi que ce soit.

Elle ne change rien. Strictement rien.

Orbán gouvernait la Hongrie. Pas votre commune. Pas votre région. Pas votre pays. Il défendait les Hongrois — ce qui était son rôle, et c’était bien. Mais il ne vous défendait pas. Il ne pouvait pas vous défendre. Personne ne peut vous défendre à votre place. C’est ça, le secret que personne ne vous dit.

Le confort de la lutte par procuration

Il y a quelque chose de profondément confortable dans les luttes par procuration. Quelque chose de douillet, même.

Soutenir Trump depuis votre canapé de Rennes ou de Quimper, ça ne coûte rien. Ça ne demande aucun effort. Aucun sacrifice. Aucune prise de risque. Vous gagnez en revanche le sentiment délicieux d’appartenir à un camp, d’avoir un ennemi clairement identifié, de faire partie d’une guerre globale et épique entre le Bien et le Mal — entre les patriotes et le mondialisme, entre la civilisation et le chaos.

C’est du cinéma. Du très bon cinéma, parfois. Mais du cinéma.

Pendant que vous regardez ce film, votre vie réelle se déroule ailleurs. Et dans cette vie réelle, personne ne viendra vous sauver. Ni Trump depuis Washington. Ni Orbán depuis Budapest. Ni Poutine depuis Moscou — et si vous comptez sur lui, vous avez un problème de jugement plus sérieux encore.

Les chaînes d’info en continu, les plateaux de CNews, les fils Twitter de droite, les groupes Telegram souverainistes — tout cet écosystème fonctionne sur un modèle simple : vous maintenir dans un état permanent d’agitation émotionnelle qui vous donne l’impression de combattre sans jamais rien faire. La colère est entretenue. L’indignation est renouvelée quotidiennement. Et vous restez assis, bien chauds, parfaitement immobiles.

C’est exactement ce que vos adversaires souhaitent.

Ce qui se passe chez vous

Laissez-moi vous poser quelques questions concrètes.

Savez-vous combien d’exploitations agricoles ont disparu dans votre département l’année dernière ? Connaissez-vous le nom du président de votre communauté de communes ? Avez-vous participé à la dernière réunion publique de votre municipalité ? Avez-vous soutenu financièrement un média local indépendant, une association culturelle bretonne, un éleveur en difficulté près de chez vous ? Avez-vous eu une vraie conversation — pas un débat Twitter, une vraie conversation — avec des gens de votre quartier, de votre village, de votre canton, sur ce que vous voulez pour vos enfants ?

Si la réponse est non à la plupart de ces questions, alors votre engagement politique est une illusion. Un théâtre d’ombres. Vous êtes spectateur de l’histoire du monde pendant que l’histoire de votre peuple, de votre territoire, de vos proches, s’écrit sans vous.

La Bretagne se vide de ses paysans. Le trafic et la consommation de drogues explosent. L’insécurité aussi, partout, en Bretagne comme en France. La langue bretonne agonise doucement malgré quelques sursauts courageux. Les centres-bourgs meurent commerce après commerce. Les jeunes partent. D’autres populations viennent les remplacer progressivement. Les anciens s’éteignent avec leurs mémoires. La mer monte. Les terres sont rachetées par des fonds d’investissement qui ne mettront jamais les pieds ici.

Rien de tout cela ne sera résolu par le résultat d’une élection hongroise.

Le syndrome de l’armchair warrior

Il y a un mot en anglais — armchair warrior — qui désigne celui qui combat assis dans son fauteuil. Qui a une opinion tranchée sur tout, une analyse définitive sur chaque conflit, une certitude absolue sur qui a tort et qui a raison à dix mille kilomètres de chez lui — et qui ne fait absolument rien de concret à portée de main.

La droite identitaire et patriote française en est truffée. Et c’est sa faiblesse principale — bien plus que ses adversaires, bien plus que les médias, bien plus que le « système ».

Vous avez raison sur beaucoup de choses. Votre diagnostic sur la dissolution culturelle, sur l’immigration de masse, sur le nivellement identitaire, sur la désintégration du tissu social — ce diagnostic est souvent juste. Mais avoir raison ne sert à rien si vous ne faites rien de cette raison. La lucidité sans action n’est qu’une forme sophistiquée de confort intellectuel.

Ce qu’il reste à faire — ici, maintenant

Alors voilà ce que je vous dis. Éteignez. Éteignez la télé. Éteignez les chaînes d’info. Sortez des boucles Telegram. Déconnectez-vous de Twitter une semaine — juste une semaine — et regardez autour de vous ce qui existe, ce qui manque, ce qui appelle.

Rejoignez une association de défense du foncier agricole. Oeuvrez pour la sécurité de votre quartier. Empêchez les dealers de nuire autour de vous. Traquez les subventions publiques délirantes. Interpellez vos élus sur ce qui nous vous convient pas. Aidez un producteur local à tenir. Inscrivez vos enfants dans une filière d’enseignement bilingue breton. Participez à une réunion de conseil municipal. Créez quelque chose — une association, un collectif, un réseau, un espace de rencontre, une caisse de solidarité locale. Parlez à vos voisins. Pas à vos followers. À vos voisins.

Construisez des choses réelles avec des gens réels dans des lieux réels. Des choses qui existeront encore demain, quelle que soit la couleur du gouvernement à Budapest, à Washington ou à Paris.

La politique électorale compte. Les idées comptent. Mais elles ne comptent que si elles s’incarnent dans des actes, des structures, des communautés. Une idée qui ne produit que des commentaires est une idée morte qui se prend pour vivante.

Orbán est parti. Trump peut décevoir. Le prochain sauveur décevra lui aussi — parce qu’aucun sauveur ne peut vous sauver de votre propre passivité.

Le seul endroit où vous pouvez gagner, c’est ici. Le seul moment où vous pouvez commencer, c’est maintenant. Le seul peuple que vous pouvez défendre, c’est le vôtre — celui qui vous entoure, celui que vous regardez dans les yeux, celui à qui vous devez quelque chose de concret.

Tout le reste est du bruit.

Yann V

Photo ; DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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18 réponses à “Orban, Trump, Poutine…et tous les autres : L’idolâtrie politique : ce vice qui ronge et tue de l’intérieur”

  1. Franck dit :

    Du bla bla, je regarde autour de moi, la majorité des gens est formatée, de n’importe quel milieu social qu’ils soient, la jeunesse passe son temps sur les réseaux sociaux, ils ne veulent plus faire d’enfants. On trouve normal d’envoyer des miliards en Ukraine alors qu’on en a pas pour soigner nos concitoyens, on prétend vouloir sauver la terre alors que des gens s’enrichissent en lançant des programmes énergétiques qui vont à l’encontre des intérets des peuples. Que réprésente la pollution de mon diesel en comparaison des terminaux pétroliers en feu ou des tonnes de bombes et de plomb qu’on déverse à travers le monde , ou d’un volcan que cette brave mère nature entretient sur la planète, à ce sujet Gaïa a vu passer les dynosaures, des civilisations, des espèces animales et malgré tout elle est toujours la, nul doute qu’elle sera la après nous. Le changement ne pourra se faire, malheureusement, que dans le sang et les larmes.

  2. Charles CQ dit :

    Excellent article qui démontre notre égarement et nous interpelle interpelle.

  3. Gwendal dit :

    C’est marrant d’inciter à se reposer sur les structures et les communautés humaines alors que l’image qui illustre l’article est générée par intelligence artificielle.

  4. André dit :

    Ce que vous demandez au citoyen lambda ne se retrouve guère que dans des communautés à identité et projet forts (sans jugement de valeur) comme les mormons ou les amish. Sinon, vous faites fi d’une phrase de Montaigne (je crois) : « le coeur de l’homme est creux et rempli d’ordures ». Cela n’empêche que, globalement, je suis assez d’accord avec vous.

  5. Ronan dit :

    Demat d’an holl ; adhérer à un parti souverainiste comme les Patriotes : oui ; signer des pétitions : oui ; acheter local : oui c’est fait au marché et chez un producteur ; faire des dons à Breizh Info et à des associations qui défendent nos droits : oui ; participer à des manifestations : oui ; parler de nos soucis et projets souverainistes en famille : oui car c’est très important d’être pédagogue avec ses petits enfant même si les autres me traitent d’hurluberlu ; aller à un conseil municipal ? je ne vois pas ce que je vais y aller faire de plus, la commune dépendant trop de la Communauté de communes ; par contre, discuter avec mon maire : oui pourquoi pas car il est très à l’écoute et bienveillant (j’essaierai de le persuader de parrainer à la présidentielle un Philippe (pas Edouard) ou Philippot soit un souverainiste rassembleur qui aura mis de côté son égo). Ainsi, même si je suis loin d’être parfait, j’espère éviter grâce à cela des larmes et du sang ; ainsi, je ferai tout mon possible en nous rassemblant et en résistant pour éviter la guerre civile et ou la guerre mondiale. La chanson proposée est de Théodore Botrel : Fleur de blé noir/https://www.youtube.com/watch?v=t-C0KTL1zFc. kenavo.

  6. chiappore dit :

    hélas!Noos sommes bian obligé de s’interesser à ce qui se passe en Europe.Que vous le vouliez ou pas nous en dépendons!

  7. Louarn dit :

    Bonjour Yann V, la France est devenue un pays totalitaire aux mains de tyrans et de leurs cloportes serviles qui au fil des dernières décennies ont tétanisé le Peuple par la peur et l’abrutissement. Il suffit de regarder de près comment se déroulent les élections locales, si nous sommes vraiment intéressés pour servir notre pays, pour comprendre que cela ne vaut pas mieux qu’à l’échelon national. La gloriole et le fric(l’argent n’est pas sale, le fric l’est) voilà tout ce qui intéresse la grande majorité des prétendants à la  »place » tant convoitée. Je partage totalement l’avis de Franck (commentaires), nous sommes une société en déliquescence et en voie d’extinction qui a abandonné toutes ses valeurs, tous repaires, spirituels en particulier, et qui se laisse corrompre mentalement par peur,ou pire par paresse ou déficience intellectuelle. Seul un réveil brutal des consciences pourrait infléchir la trajectoire mortifère qu’est la nôtre: alors, énorme cahos où on s’endort tranquillement et définitivement ? Belle journée à tous.

  8. Christian LE PABIC dit :

    Je suis désolé mais le petit ton méprisant et agressif sur lequel commence l’article m’a tellement exaspéré que j’ai arrêté là ma lecture. Si vous avez des choses intéressantes à écrire (et c’est généralement votre cas), évitez la gifle verbale pour qu’on ait envie de continuer à vous lire.

  9. JLP dit :

    Beaucoup de choses vraies dans ce texte dérangeant, stimulant. J’ajouterai une humble suggestion : que B.I. s’occupe (enfin ?) de la Bretagne, de son histoire, de son patrimoine, de ses hommes et de ses femmes, de ses cultures vivantes, de sa langue, de la réunification, des initiatives localistes à soutenir, de ce qui se passe à la Région et dans nos intercommunalités, de Molac (et même de Troadec)… En effet, ce serait plus intéressant que de se préoccuper de ce que pensent ou font Orban, Poutine, Milei, les grands « penseurs » bulgares ou américains…

  10. Patrick O'BRIEN dit :

    Exact. Ici et maintenant.

    Seule l’action compte, le reste n’est que du vent.

  11. Rycart dit :

    Dans l’article, il est évoqué une soi-disant langue bretonne.
    Dans les années 1920, mon père originaire de Concarneau ne parlait pas le même dialecte que les enfants de Quimper et ils se tapaient dessus allègrement, sans savoir pourquoi, quand leurs chemins se croisaient ! De même entre Dinan et Dinard ! Et ne parlons pas de Rennes !
    Le concept de langue bretonne me semble bien artificiel !

  12. Michel BERAUDO-MARCH dit :

    Faire ce qui dépend de nous, ici et maintenant, c’est ce qui nous est demandé. Ce qui n’empêche pas de s’intéresser à la marche du monde, à condition de ne pas en être obnubilé.

  13. LE MAÎTRE G. dit :

    « Qu’on partage ou non l’ensemble de ses choix, la Hongrie d’Orbán était le seul État membre de l’Union à tenir un cap cohérent et durable contre la vague progressiste… »
    Voici ce qu’on peut lire dans un article suivant qui contredit un peu votre excellente démonstration du monde actuel tellement vrai dans lequel presque chacun d’entre nous se retrouve mais l’un n’empêchant pas l’autre reconnaissons que V.Orban a beaucoup fait pour retarder la catastrophe de cette maudite UE qui est justement la cause des maux que vous décrivez si bien mais contre lesquels on ne peut pas grand chose contre cette hydre qu’est L’UE.

  14. Brounahans l'Alsaco dit :

    Je suis d’accord avec Christian ! dans ce texte on côtoie la suffisance au fil des lignes. Ce n’est pas très sympa. J’y ajoute un dicton « Si tu te plains de ton époque, demande-toi ce que tu as fait pour la changer. » Les colibris que nous sommes doivent mettre leur goutte, mais cela ne suffira pas à éteindre une éruption volcanique ! alors un peu de mansuétude pour le « bas peuple » SVP.

  15. Philibert Bretonvilliers dit :

    Toutes mes félicitations pour cet article empli d’excellentes suggestions…

  16. Cartan dit :

    Du grand bon sens cet article !…

  17. JEAN DUFOUR dit :

    Excellent diagnostic de l’impuissance de tous ceux qui n’ont pas fréquenté Epstein, donc inutile de proposer « rejoignez une association de défense du foncier agricole. Oeuvrez pour la sécurité de votre quartier. Empêchez les dealers de nuire autour de vous. Traquez les subventions publiques délirantes. Interpellez vos élus sur ce qui nous vous convient pas. Aidez un producteur local à tenir. Inscrivez vos enfants dans une filière d’enseignement bilingue breton. Participez à une réunion de conseil municipal. Créez quelque chose — une association, un collectif, un réseau, un espace de rencontre, une caisse de solidarité locale ». Cela ne servira à rien. Occupons nous de nos proches et trouvons les astuces pour contourner contraintes qui nous sont opposées.

  18. Eben Yakoof Fakler dit :

    Très intéressant article …
    Mais j’aimerais rappelé que l’on connait la date de notre chute actuelle.
    Souvenez-vous … 2005 … Le referendum avec Sarkozy comme Président de l’époque.
    Un vote très clair contre l’entrée de la France dans l’UE …
    Nous savons tous ce qui s’est passé, ce n’était que le début d’une vaste trahison.
    Regardons une carte géographique … Et regardons qui a voté pour … Une grande partie de la population de l’Ouest de notre beau pays. Mais soyons juste nous avons été surtout trahi par nos hommes politiques en 2007… C’est notre histoire …

    https://www.lemonde.fr/europe/article/2005/05/30/le-non-gagne-en-france-la-ratification-du-traite-continue-en-europe_655955_3214.html

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