Scrignac : ce qu’il s’est vraiment passé à Koat Keo le lundi de Pâques — et ce que certains préfèrent taire [L’Abbé Aldadur s’exprime]

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La scène a circulé sur les réseaux, a indigné, a mobilisé. Le lundi de Pâques, à la chapelle de Koat Keo à Scrignac, dans le Finistère profond, des fidèles bretons venus rendre hommage à l’abbé Yann-Vari Perrot — prêtre, martyr, défenseur de la langue et de la foi bretonnes — se sont retrouvés face à des échafaudages, à la gendarmerie (avec des gendarmes manifestement désolé d’être là et pas ailleurs à traquer la délinquance), et à l’impossibilité de célébrer la messe. L’image était forte. L’émotion, légitime. Mais l’histoire, comme souvent, est plus complexe que le résumé qu’on en a fait.

Voici, à partir de l’ensemble des documents disponibles — communiqués officiels, réponse de l’abbé Aldalur lui-même, analyse canonique et témoignages — ce qui s’est réellement passé, et ce qui mérite d’être dit.

Les faits bruts

L’abbé David Aldalur, prêtre traditionnel installé depuis quelques mois sur la commune de Brasparts, avait lancé un appel public pour célébrer la messe du lundi de Pâques à l’autel de plein air de Koat Keo, en hommage à l’abbé Perrot. Cet hommage pascal existe depuis plusieurs années et rassemble des fidèles venus de toute la Bretagne — en 2024 et 2025, il avait eu lieu sans encombre, et la messe avait été célébrée par l’Abbé Aldalur, dans un « statu quo » tacite.

Le 25 mars 2026, Mgr Laurent Dognin, évêque de Quimper et Léon, a publié un communiqué rappelant qu’en vertu de la loi de 1905, les chapelles communales sont affectées au culte catholique célébré en communion avec le Saint-Siège et sous l’autorité de l’évêque diocésain — et que l’abbé Aldalur, ancien membre de la FSSPX, installé sans mandat ni mission officielle dans le diocèse, n’était pas autorisé à y célébrer.

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Le jour venu, le curé de la paroisse s’est présenté accompagné de représentants des forces de l’ordre. Les échafaudages avaient été installés pour barrer l’accès à l’autel extérieur. Environ 100 personnes, ont transformé le temps prévu pour la messe en un temps de recueillement autour des reliques de l’abbé Perrot. La journée s’est poursuivie à Huelgoat autour d’un repas fraternel, de galettes-saucisses, de musique au biniou et de danses en costumes traditionnels.

Ce que la controverse a grossi — et ce qu’elle a occulté

Plusieurs publications ont présenté l’événement comme une interdiction pure et simple de la messe de Pâques à Koat Keo. Cette lecture est inexacte – c’est ce qui a été soulevé sur le site Ar Gedour – et l’abbé Aldalur lui-même, dans sa réponse publiée, ne la valide pas entièrement.

La décision diocésaine ne visait pas le lieu, ni la liturgie tridentin, ni l’hommage à l’abbé Perrot. Elle visait un prêtre précis, dont le statut canonique pose un problème réel et reconnu par l’intéressé lui-même. La preuve en est que la chapelle de Koat Keo n’est pas frappée d’interdit : une messe y sera célébrée le 9 mai prochain par le père Julien Palcoux, curé de Tréguier, avec l’autorisation du curé de la paroisse.

Mais là s’arrête la lecture purement administrative. Car ce que l’abbé Aldalur souligne dans sa réponse — et c’est capital — c’est que le problème n’était pas uniquement canonique.

Ce que l’abbé Aldalur a lui-même révélé

Dans sa lettre rendue publique, l’abbé Aldalur écrit ceci, et ses mots méritent d’être lus attentivement :

Il avait proposé au curé de la paroisse de se retirer lui-même, de ne pas célébrer la messe, mais de conserver le rassemblement festif et le repas autour des quelque 120 personnes attendues. Le curé a refusé. L’abbé écrit : « Faut-il aussi être en règle canonique pour servir ur banne chistr ha drebiñ krampouezh bennak ? » — Faut-il être canoniquement en règle pour servir un verre de cidre et faire des crêpes ?

Cette réponse du curé change la lecture de l’incident. Si l’enjeu avait été strictement canonique — réserver la célébration eucharistique à un prêtre autorisé —, rien n’aurait empêché le rassemblement, le repas, la prière populaire autour de la tombe. Rien, sinon la volonté de dissoudre l’événement lui-même.

L’abbé Aldalur nomme clairement ce qu’il perçoit : cet hommage du lundi de Pâques est devenu, en quelques années, le plus bel hommage rendu à l’abbé Perrot — le plus nombreux, le plus fervent, le plus jeune, le plus bretonnant. Et c’est précisément cela qui dérange. Non pas le prêtre, non pas la liturgie : la vitalité d’un rassemblement qui échappe au contrôle diocésain et incarne un idéal que certains voudraient voir demeurer folklorique plutôt que vivant.

Le statut de l’abbé Aldalur : un problème réel, un désir sincère

Il serait injuste de passer sous silence la réalité canonique. L’abbé Aldalur est un prêtre validement ordonné, ancien de la FSSPX, qui a quitté cette fraternité — non par désaccord doctrinal, précise-t-il, mais par vocation — et qui s’est installé dans le Finistère sans incardination dans le diocèse. Il n’a pas de mission officielle. En droit canon, un tel prêtre ne peut pas célébrer publiquement dans les lieux d’affectation diocésaine sans autorisation.

Mais l’abbé Aldalur ne fuit pas cette réalité. Il l’assume. Dans son discours de Brasparts, il s’adresse directement à l’évêque : « Mon vœu le plus cher, que j’espère voir réalisé avant ma mort : c’est d’être incardiné dans votre diocèse. » Il reconnaît l’anomalie. Il demande la régularisation. Il dit sa souffrance. Et il identifie lui-même les obstacles — notamment sa ligne doctrinale et sa vision d’un catholicisme breton traditionnel complet, qu’il refuse de voir réduit à du « modernisme saupoudré de traditionalisme » ou à de la « pastorale française saupoudrée de breton ».

Ce positionnement est celui d’un homme qui ne cherche pas la rupture mais la communion — à condition que cette communion ne soit pas la dissolution de ce qui fait sa raison d’être sacerdotale.

Le zèle de l’évêché et la question qu’on ne peut éviter

Qu’un évêque rappelle les règles canoniques à un prêtre sans mission diocésaine est dans son droit et dans son rôle. Ce n’est pas discutable.

Ce qui l’est davantage, c’est la forme et la proportion de l’intervention. Envoyer un communiqué public de mise à l’index dix jours avant le rassemblement. Mobiliser le curé de paroisse, la mairie et la gendarmerie pour barrer l’accès à un autel de plein air. Installer des échafaudages. Et surtout, refuser même le rassemblement non liturgique — le repas, les danses, la prière autour d’une tombe.

Tout cela pour 80 à 120 fidèles bretons qui voulaient honorer un prêtre martyr en chantant en breton, en dansant en costumes traditionnels et en mangeant des crêpes ensemble.

On peut comprendre que certains milieux ecclésiastiques soient mal à l’aise avec la figure de l’abbé Perrot — dont le souvenir est instrumentalisé par des courants très divers, et dont l’assassinat en 1943 reste politiquement sensible. On peut comprendre une certaine prudence face à des rassemblements qui échappent à l’agenda diocésain. Mais la prudence ne justifie pas la disproportion. Et la disproportion, ici, parle d’elle-même.

L’hommage à l’abbé Perrot ne mourra pas

Ce qui est peut-être le plus révélateur dans cet épisode, c’est ce que l’abbé Aldalur écrit en conclusion de sa lettre : « L’abbé Aldalur passera, mais sa cause ne passera pas — précisément parce qu’elle n’est pas sa cause. »

L’abbé Yann-Vari Perrot repose dans le sol de Scrignac, à l’ombre de la chapelle qu’il a reconstruite de ses mains en 1937. Il y a été assassiné en 1943 pour ce qu’il incarnait : la foi catholique et la Bretagne vivante, inséparables. Chaque année, des familles bretonnes font le chemin jusqu’à Koat Keo parce qu’elles y reconnaissent quelque chose de vrai et d’enraciné.

Cette réalité-là ne se dissoudra pas dans un communiqué épiscopal. Elle se nourrit précisément des obstacles qu’on lui oppose.

La mémoire de l’Abbé Perrot vivra. N’en déplaise à Monseigneur Dognin.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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21 réponses à “Scrignac : ce qu’il s’est vraiment passé à Koat Keo le lundi de Pâques — et ce que certains préfèrent taire [L’Abbé Aldadur s’exprime]”

  1. François dit :

    Le Vatican hérétique n’a aucune autorité sur les catholiques, l’abbé Aldalur devrait le comprendre. Vouloir rejoindre une contre-église qui a détruit la chrétienté comme aucun autre ennemi de la foi ne l’a fait dans l’histoire, dénote une incompréhension de l’histoire ecclésiale de ces dernières décennies. La réaction hostile de l’évêque moderniste à cette célébration de l’abbé Perrot montre que l’on n’a pas affaire à la hiérarchie catholique. L’habit ne fait pas le moine, il ne fait pas non plus l’évêque, le cardinal ou le pape.

  2. Montauzier Padrig dit :

    Un résumé parfait et tout mon soutien à l’abbé Aldadur pour faire revivre une authentique commémoration en hommage à notre prêtre martyr, Yann Vari Perrot.

  3. Balbino Katz dit :

    L’abbé Aldalur est un prêtre courageux et son chemin de croix canonique, agencé par une curie diocésaine myope et bien peu miséricordieuse, rappelle les épreuves subies par le padre Pio.

  4. Stourmer dit :

    Des autorités ecclésiales invalides, qui donnent le tempo à des prêtres valides !
    Voilà le paradoxe moderniste nauséabond!

    Ac’hem !

  5. Claude ROPOSTE dit :

    Il y a un petit air de La Colline Inspirée de Maurice Barrès.
    L’église n’accepte pas ce qu’elle considère comme des débordements mais elle sera de toutes façons bientôt marginalisée car elle ne représente plus ou de moins en moins le Christ et les fidèles ne s’y trompent pas.

  6. Roland Greuzat dit :

    Mgr Dognin ne cache plus son hostilité à tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à une manifestation de la tradition. Après avoir chassé manu militari les prêtres de la fraternité St Pierre de Quimper et Ste Sève ( de «  bons prêtres » les qualifiait-il pourtant de façon fort hypocrite) il s’en prend maintenant à la commémoration du souvenir de l’Abbé Perrot. C’est plus fort que lui, il ne peut pas s’en empêcher. Et pourtant Mgr Dognin fut nourri aux meilleures sources de la foi chrétienne étant un ancien élève du Collège Stanislas. Mais peut être a t’il senti la nécessité de jeter sa gourme et de desserrer le col romain. Mais jeter crois plutôt que, comme on a pu le comprendre quand il a « viré » la Fraternité St Pierre du diocèse, il soit prisonnier d’une camarilla de prêtres progressistes entourant la Cathédrale… Oriobs pour qu’il retrouve la lumière !

  7. Jakez GWILLOU dit :

    En total accord avec les commentaires de vos lecteurs qui ne sont pas des moutons. Il est heureux que nous ayons enfin avec la personne de M. L’abbé David ALDALUR, un prêtre de combat pour la cause bretonne et catholique. Dans notre monde en ruines, tout n’est finalement pas perdu. Honneur à lui pour la fidélité à sa foi et à son peuple.

  8. Yvette Mme Prétet dit :

    Hier, le pape a répondu à Donald Trump que le message de l’Evangile était de promouvoir la paix car Jésus-Christ a dit  »Aimez-vous les uns les autres »…mais, je pense que si on se trouve en face de personnes pratiquant une autre religion… une religion dans laquelle leur prophète leur recommande de faire  »la charia », c’est-à-dire  »la guerre sainte » et de conquérir des territoires  »par l’épée » ,de faire des esclaves, etc…dans ce cas: les chrétiens(et tous les non musulmans) ne doivent pas se laisser faire!…

  9. Per Manac'h dit :

    Comme le dit Monsieur Montauzier, un soutien total à l’abbé David Aldalur, ce prêtre nationaliste breton qui dérange ceux qui voudraient réduire l’hommage à notre prêtre martyr à une banale et ridicule fête folklorique ! Honte à cette hiérarchie de l’église universaliste, soumise aux lois maçonniques de la République française, plus apte à soutenir les hordes de migrants, qui menacent homogénéité ethnique des peuples européens, qu’à s’efforcer à remplir les églises désertées par des fidèles qui ne se reconnaissent plus de cette « autorité » progressiste. L’abbé Aldalur est un exemple…. et honneur à lui.

  10. Le Goff Ewen dit :

    Un abbé breton très courageux.

  11. Le Cloarec Yvon dit :

    La détermination de ce prêtre breton est magnifique et il me fait penser tout simplement à un autre abbé… Yann-Vari Perrot. Les mêmes ennemis !!!

  12. RAYMOND NEVEU dit :

    Justement c’est David Al Dazur qui fait danser le jabadao endiablé aux fidèles nous sommes loin des curés du Léon surnommés « toul strizh » qui menaçaient de l’enfer les jeunes filles du sud du Finistère!
    Mais quel est son statut in fine à cet abbé qui n’est plus à FSSPX, pourquoi? Curieux! Sur un sujet annexe…galette saucisse est une spécialité rennaise donc rien à voir avec Coat Keo pour le banne chistr eh bien ça pue le touriste qui ne connaît rien à la Bretagne. Et sans avoir goûté le cidre je devine qu’il est doux comme du coca cola. Quant à Dognin… un technocrate ecclésiastique comme nos ploutocrates.

  13. Floc'h François dit :

    A propos d’une affirmation biaisée sin mensongère que l’on retrouve dans le texte ci-dessus
    et d’autres analyses des événements de Koad Kev.
    Il est écrit par deux fois : « des fidèles bretons […] se sont retrouvés face à des échafaudages… » « Les échafaudages avaient été installés pour barrer l’accès à l’autel extérieur ».
    Nombre de fidèles savaient depuis longtemps – bien avant le dimanches des Rameaux – que des échafaudages et barrières étaient installés dans le cadre de travaux de réfection de la toiture du porche qui abrite l’autel extérieur. C’est la règle pour tous les chantiers. Un dispositif supplémentaire protège d’ailleurs la sépulture de l’abbé Perrot.

    Le fond de l’affaire est suffisamment grave pour ne pas accuser faussement l’évêché de manœuvres douteuses supplémentaires.
    D’ailleurs, avec ou sans barrières, mais avec autorisation, il aurait été tout à fait possible de célébrer la messe devant la chapelle, sur un autel improvisé.
    Argumenter avec des arguments biaisés dessert toujours la cause que l’on défend !

  14. Erick dit :

    Bonjour (Demo, crois-je, en breton…), seul un peu de sang breton coule en moi mais je suis entièrement d’accord avec tous les soutiens pour l’Abbé ALDALUR. Kenavo (là, j’en suis sûr !)

  15. Ubersender dit :

    Un curé qui fait danser les fidèles au son du biniou, ça mérite d’être conservé … en attendant qu’un groupe folklorique breton prenne le relais pour célébrer la messe … sous réserve de canonisation au calva !

  16. Fañch al Laer dit :

    Raymond Neveu, votre commentaire est veule et nous comprenons que vous n’appréciez guère cet abbé, de même que votre compère « Ubersender ».

    Grand bien vous en fasse.

    Le fait est qu’il est humble, est solide et parle couramment breton en ayant eu à cœur, depuis à-peu-près 5 ans qu’il est en Bretagne, de rencontrer des Bretons de toutes origines et sensibilités, même de gauche.

    On l’a vu à des endroits où sa soutane pouvait agacer comme Ar Falz (association laïque d’anciens instits cocos), à la cérémonie du collier d’Hermine et j’en passe.

    Vous êtes veules.

  17. Paul W dit :

    Soutien total à l’Abbé Aldalur !

  18. Ubersender dit :

    rassurez-vous Fanc … nous apprécions tout particulièrement ce curé pour son originalité et son ancrage régional … qui semble beaucoup plaire et suscite un engouement mérité. Quant à vous, vous n’appréciez manifestement pas l’humour … peut-être interdit s’agissant d’une icône régionale. Souriez ça fait du bien !

  19. karv dit :

    Les reproches formulés par M. Greuzat à l’égard de l’évêque de Quimper à propos du statut de la fraternité St Pierre dans cette même ville me paraissent empreints de partialité.
    En effet, ils passent sous silence le rôle délétère de l’association « paix liturgique » qui a cru bon d’attaquer frontale ment la paroisse St Corentin, au mépris de tout respect.
    Il y aurait beaucoup à dire sur l’état d’esprit contre productif de la direction de « paix liturgique »

  20. karv dit :

    Il convient de noter que l’abbé Aldalur n’a pas « quitté » la fraternité St Pie X de son plein gré mais qu’il en a été renvoyé au terme d’une patiente procédure, ceci pour des raisons liées à son indiscipline.

  21. Karv dit :

    Malheureusement, l’abbé Aldalur, rétif à toute forme de subordination, entraîne ses nouveaux adeptes dans une impasse absolue.
    Il n’apporte aucune valeur ajoutée au diocèse ni au nationalisme breton.
    Quant à organiser un bal breton avec « galettes saucisses » autour de la sépulture d’un martyr dont le diocèse serait bien inspiré de demander la canonisation, c’est plus qu’irrespectueux, c’est ignoble.
    Jamais l’abbé Perrot n’aurait commis une telle faute.

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