18 minutes contre 3 heures : les enfants lisent dix fois moins qu’ils ne regardent les écrans

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Dix-huit minutes. C’est le temps que consacre en moyenne un jeune Français à la lecture par jour. Contre trois heures passées devant les écrans. Ce chiffre, issu de la dernière étude du Centre national du livre publiée en 2026, résume à lui seul l’ampleur du défi. Il conforte aussi la raison d’être d’un dispositif qui, depuis treize ans, s’est imposé comme l’un des rares à avoir trouvé comment retourner la situation : les Petits champions de la lecture.

Un signal d’alarme que les chiffres rendent difficile à ignorer

L’étude du CNL est formelle : si 81 % des jeunes affirment encore aimer lire, cet attachement décline nettement avec l’âge. À 16-19 ans, plus d’un tiers des garçons ne lit tout simplement plus. La lecture, quand elle subsiste, se pratique de plus en plus en mode dégradé : 41 % des jeunes déclarent faire autre chose en même temps qu’ils lisent. Chez les adolescents de 16-19 ans, ce chiffre atteint 67 %. La lecture fragmentée, distraite, concurrencée en permanence par une notification ou une vidéo, est devenue la norme.

Le phénomène commence bien avant l’adolescence. À l’entrée en sixième, 40 % des élèves n’atteignent pas le niveau attendu en fluidité de lecture. Et les parents lisent de moins en moins d’histoires à leurs enfants : la pratique de la lecture partagée à la maison recule, y compris pour les plus jeunes enfants de 7 à 12 ans, avec une chute de huit points en un an selon l’étude.

Face à ce tableau, les Petits champions de la lecture interviennent précisément au bon moment : en CM1 et CM2, juste avant l’entrée au collège, là où se jouent les décrochages les plus durables.

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Un jeu, pas une injonction

Le principe est simple, et c’est sans doute pour ça qu’il marche. Chaque élève choisit librement un extrait de texte — roman, conte, poème, bande dessinée — et l’apprend à lire à voix haute. La classe devient un public. Puis viennent les finales : école, département, région, et pour les meilleurs, la Grande finale à Paris.

Cette année, ce sont plus de 220 000 enfants qui participent, répartis dans 7 946 classes, dont 702 à l’étranger dans 75 pays. Le taux de progression des inscriptions a bondi de 37 %. La 14e édition culminera le 24 juin 2026 au Théâtre de la Porte Saint-Martin, où se tiendra la Grande finale — la Comédie-Française, scène habituelle du jeu, étant momentanément fermée pour travaux.

Le jeu est parrainé par les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture, et marrainé par Clémentine Beauvais, autrice jeunesse et enseignante-chercheuse, qui résume ainsi sa philosophie dans sa lettre aux participants : jouez avec le texte, torturez-le, mâchez-le, lisez-le comme un robot, comme un bébé, en faisant le poirier. L’essentiel est de l’apprivoiser.

Ce que disent les enseignants

Les résultats côté salle de classe sont éloquents. Dans une enquête menée en mai 2025 auprès des enseignants ayant participé à l’édition précédente, 98 % constatent des progrès en lecture chez leurs élèves. 96 % affirment que le jeu constitue une aventure collective pour toute la classe. 91 % estiment que la participation sera un atout pour les élèves à l’entrée au collège. Et 99 % recommandent l’aventure à leurs collègues.

Ces chiffres ne surprennent pas Raphaëlle Ros, secrétaire générale de l’association, qui rappelle ce que la lecture à voix haute produit de différent : « Lire à voix haute, c’est faire entendre le texte, lui donner corps, susciter l’écoute des autres et redonner à la lecture sa dimension sensible et collective, en faire un vrai vecteur de lien social. À rebours des usages fragmentés et solitaires, Les Petits champions de la lecture proposent une expérience concrète, joyeuse et fédératrice. »

Le dispositif ne se limite pas aux meilleurs lecteurs. 13 % des classes inscrites sont situées en Réseau d’Éducation Prioritaire. Les règles s’adaptent aux enfants ayant des besoins particuliers : durée de lecture réduite à une minute si nécessaire, supports adaptés — livres en gros caractères, ouvrages spéciaux Dys, braille, albums illustrés. La Playlist littéraire de cette édition comprend d’ailleurs une catégorie « Facile à lire » et une catégorie « Spécial DYS ».

La règle de parité, introduite en 2023, impose par ailleurs qu’à partir de deux classes inscrites dans un même établissement, un garçon et une fille soient désignés lauréats. Une réponse directe aux données de l’étude internationale PIRLS, qui montre que les garçons ont partout dans le monde des résultats inférieurs à ceux des filles en lecture.

Kendjy, champion venu de Martinique

La finale 2025 a livré un moment entré dans l’histoire du jeu : pour la première fois, c’est le candidat de l’Outre-mer qui a remporté le titre. Kendjy, dix ans, venu du Lorrain en Martinique, a conquis salle et jury avec une lecture expressément comique du roman À l’écoute de Thomas Gornet. « Quand j’ai vu que j’avais accompli mon objectif qui était de faire rire le public, j’étais soulagé », a-t-il déclaré après l’annonce. L’an prochain, il reviendra à Paris pour siéger au jury de la Grande finale 2026.

Les inscriptions pour la 14e édition sont ouvertes jusqu’au 2 décembre 2025. Plus d’informations sur lespetitschampionsdelalecture.fr

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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4 réponses à “18 minutes contre 3 heures : les enfants lisent dix fois moins qu’ils ne regardent les écrans”

  1. RAYMOND NEVEU dit :

    Lorsque j’étais en Primaire en CM1 et CM2 le samedi après-midi l’instituteur distribuait des livres et nous commencions la lecture dans le plus grand silence. Et à la maison j’avais les bibliothèques familiales et je lisais un dictionnaire à portée de mains. J’affirme que la lecture perdure dans certaines familles qui ont conservé les usages anciens et acceptés et les enfants un jour sauront épeler et sans doute qu’ils ne sauront qu’épeler!

  2. Dany dit :

    C’est à l’école que tout devrait être fait dès que les enfants savent lire. Leur donner une petite liste de livres à avoir lus et ensuite les raconter.
    Idem dans les classes suivantes .
    Cela donnerait l’habitude de lire et apprendrait en même temps l’orthographe !
    Reprendre ce qui a été abandonné :faire faire des dictées!
    On se plaint de la baisse du niveau alors qu’il y va de la responsabilité de l’éducation nationale ….

  3. Dany dit :

    Ps : pourquoi dès le matin 8h plusieurs chaînes de TV diffusent des dessins animés ??
    Quand un enfant se lève on le met devant la TV ?????

  4. Paquito dit :

    Macron veut interdire les réseaux sociaux, qu’il commence donc par interdire toutes les pubs de merde à la télé et surtout à limiter considérablement les émissions animées débiles pour les enfants qui, sitôt pris le petit déjeuner, se fourrent devant la télé.

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