Pendant que la France se débat depuis des années dans des controverses récurrentes sur les statistiques ethniques, sur l’opportunité de mesurer ou non l’origine des personnes mises en cause dans les statistiques pénales, ou sur la légitimité même de produire des données détaillées sur l’intégration économique et sociale des populations immigrées et de leurs descendants, le royaume du Danemark, lui, a fait depuis longtemps le choix inverse : celui de la transparence statistique intégrale. Le 15 décembre 2025, l’institut national de la statistique danoise, Danmarks Statistik, a publié pour la dix-neuvième année consécutive son rapport annuel intitulé Indvandrere i Danmark (« Les Immigrés au Danemark »), une publication de référence qui livre, sans détours ni précautions oratoires, un panorama chiffré complet de la place des immigrés et de leurs descendants dans la société danoise.
Le contenu de ce rapport, qui passe en revue la démographie, l’emploi, la formation, les revenus, le logement, la dépendance aux aides publiques, les habitudes culturelles et la criminalité selon l’origine, mérite l’attention de tous ceux qui s’intéressent honnêtement aux dynamiques migratoires européennes. Voici les principaux enseignements de l’édition 2025.
Une démographie en mutation rapide
Le rapport établit d’abord une cartographie précise de la composition démographique du pays. La population danoise totale se répartit aujourd’hui entre les personnes d’origine danoise, les immigrés (nés à l’étranger) et les descendants d’immigrés (nés au Danemark de parents tous deux nés à l’étranger). La proportion d’immigrés et de descendants varie fortement selon les communes : certaines municipalités affichent des taux supérieurs à 30 %, d’autres inférieurs à 10 %, témoignant d’une concentration géographique du phénomène migratoire dans les zones urbaines.
Sur le plan de la fécondité, le rapport relève un fait qui mérite d’être souligné : les femmes immigrées affichent une fertilité globale de 1 259 enfants pour 1 000 femmes, soit un taux inférieur à celui des Danoises de souche. Une donnée qui contredit certains présupposés communément admis dans le débat public européen, et qui rappelle l’importance de s’en tenir aux chiffres plutôt qu’aux impressions. Toutefois, les projections démographiques danoises anticipent une augmentation continue de la part des immigrés et des descendants dans la population totale jusqu’en 2070, avec des conséquences considérables sur l’équilibre du modèle social et économique du pays.
Une intégration économique en progrès, mais des écarts persistants
Sur le plan de l’emploi, le rapport délivre une bonne nouvelle, à nuancer. Depuis 2015, les immigrés issus de pays occidentaux comme de pays non occidentaux ont connu une hausse importante de leur taux d’emploi. Les ressortissants non occidentaux, en particulier, se rapprochent désormais sensiblement du niveau d’emploi des Danois de souche et des immigrés occidentaux. Cette convergence est attribuable à plusieurs facteurs : la politique d’activation des bénéficiaires d’aides sociales menée de manière constante par les gouvernements successifs danois, la rigueur du marché du travail nordique et l’apprentissage progressif de la langue par les nouvelles générations.
Sur le plan éducatif, l’enseignement supérieur long est désormais accessible à une proportion comparable de Danois d’origine et d’immigrés non occidentaux. La part de diplômés du supérieur long est même légèrement supérieure chez les immigrés issus de pays occidentaux. Ces données, comparables à ce qu’on observe dans d’autres pays scandinaves, témoignent d’une dynamique d’intégration éducative globalement positive.
La dépendance aux aides publiques, une fracture nette
L’un des chiffres les plus parlants du rapport concerne la dépendance aux aides publiques (allocations chômage, aides sociales, pensions d’invalidité, etc.). En 2024, 30 % des immigrés non occidentaux âgés de 16 à 67 ans dépendaient d’une forme d’aide publique, contre 26 % des Danois de souche et seulement 15 % des immigrés issus de pays occidentaux. L’écart entre les trois groupes est significatif et persistant, malgré les politiques d’activation menées depuis vingt ans.
Cette donnée alimente, à juste titre, une partie du débat public danois sur la soutenabilité économique des politiques migratoires généreuses. Les gouvernements successifs, qu’ils soient sociaux-démocrates ou libéraux-conservateurs, ont d’ailleurs largement convergé sur ce diagnostic depuis le milieu des années 2010, expliquant le durcissement progressif et bipartisan de la politique migratoire danoise — désormais l’une des plus restrictives d’Europe occidentale.
Le chapitre criminalité : un tableau sans complaisance
C’est cependant le volet consacré à la criminalité qui suscite le plus de débats à chaque édition du rapport. Pour l’année 2024, le rapport présente un indice de criminalité chez les hommes âgés de 15 à 79 ans, ventilé selon le pays d’origine, avec une méthodologie particulièrement rigoureuse. L’indice 100 correspond à la moyenne nationale danoise, toutes origines confondues. Le rapport présente quatre colonnes de correction progressive pour les immigrés et leurs descendants : un indice ajusté uniquement à l’âge, puis successivement corrigé pour le statut socio-économique (revenus, emploi), pour le niveau d’éducation parental, et enfin pour les revenus familiaux. Cette gradation permet de mesurer ce qui, dans les écarts observés, peut être imputé aux conditions socio-économiques, et ce qui ne peut pas l’être.
Les chiffres sont éloquents. Pour les immigrés nés au Liban, l’indice brut s’établit à 265 — soit 2,65 fois la moyenne nationale. Après application de l’ensemble des corrections socio-économiques, cet indice descend à 200, ce qui démontre qu’environ un tiers de l’écart initial peut être attribué à des conditions de vie défavorisées. Mais les deux tiers restants persistent malgré toutes les neutralisations possibles.
C’est cependant pour la deuxième génération — les descendants d’immigrés libanais nés au Danemark — que les chiffres prennent une tournure proprement vertigineuse. Leur indice brut atteint 386, soit près de quatre fois la moyenne nationale. Après application de toutes les corrections socio-économiques (qui devraient logiquement réduire l’écart pour des personnes ayant grandi dans le pays d’accueil), l’indice corrigé reste à 336. Autrement dit, la deuxième génération présente un indice de criminalité plus élevé que la première, et cela même lorsqu’on neutralise toutes les variables socio-économiques classiques.
Ce phénomène — la deuxième génération plus criminogène que la première — se retrouve, selon le rapport, pour la quasi-totalité des groupes non occidentaux suivis par Danmarks Statistik : Somalie, Irak, Syrie, Maroc et autres. C’est une des observations les plus contre-intuitives et les plus dérangeantes du rapport, car elle contredit frontalement l’idée selon laquelle les difficultés d’intégration ne concerneraient que la génération arrivée d’ailleurs et se résorberaient mécaniquement à mesure que les enfants nés sur place s’acculturent. La réalité statistique danoise dessine un tableau inverse, où la deuxième génération apparaît plus en rupture avec les normes de la société d’accueil que ses propres parents.
Le rapport prend soin de mentionner, en note de bas de page, qu’une partie des personnes recensées comme originaires du Liban sont en réalité des Palestiniens apatrides, dont la situation administrative spécifique remonte aux vagues d’arrivée des années 1980. Cette précision méthodologique honnête témoigne du sérieux de l’institut statistique danois, qui ne cherche jamais à instrumentaliser ses propres données.
Ce que les corrections statistiques nous apprennent vraiment
L’apport méthodologique le plus précieux du rapport tient précisément dans ces corrections successives. Elles permettent de répondre à la question rituelle qui revient dans tous les débats français sur la délinquance : « Mais ne s’agit-il pas seulement d’un effet de la pauvreté et du faible niveau scolaire ? »
La réponse danoise, fondée sur des dizaines de milliers de cas, est nuancée mais ferme. Oui, la pauvreté et le faible niveau d’éducation expliquent une partie de la surreprésentation criminelle de certains groupes — c’est documenté par les corrections successives. Non, ces facteurs n’expliquent pas la totalité de l’écart. Même lorsqu’on neutralise complètement les variables socio-économiques, des écarts importants subsistent, particulièrement marqués pour la deuxième génération. Ce résidu non explicable par les facteurs économiques classiques renvoie à des questions plus complexes : transmission culturelle intra-familiale, conflits identitaires, défaillances éducatives, environnements communautaires homogènes, échec relatif des politiques d’intégration scolaire et professionnelle.
Le contraste avec le silence statistique français
L’existence même de cette publication danoise renvoie, par ricochet, aux limites du débat statistique français. La France interdit dans la pratique — sous couvert d’interprétations restrictives de la loi Informatique et libertés — toute production de données ventilées selon l’origine, à l’exception de quelques études sociologiques ponctuelles dont la diffusion reste confidentielle. La statistique pénale française n’enregistre pas l’origine des personnes mises en cause, le SSMSI ne ventile pas ses chiffres selon des critères ethniques, l’INSEE et les ministères évitent soigneusement le sujet.
Cette opacité française n’est pas sans conséquences. Elle prive le débat public de données objectives, laissant le terrain libre aux opinions, aux fantasmes et aux instrumentalisations politiques de tous bords. Elle empêche aussi l’évaluation honnête des politiques publiques d’intégration menées depuis quarante ans, et donc leur amélioration. Le contre-exemple danois démontre qu’une démocratie peut parfaitement produire des statistiques détaillées sur les origines de sa population sans pour autant verser dans la stigmatisation, et que ces données — si elles dérangent certains — sont indispensables à toute politique publique sérieuse.
Le rapport Indvandrere i Danmark 2025 est librement accessible en ligne sur le site de Danmarks Statistik. Sa lecture, même partielle, devrait être recommandée à tous les responsables politiques européens, et particulièrement français, qui prétendent réfléchir aux questions migratoires. L’honnêteté statistique constitue le préalable indispensable à toute décision rationnelle.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Le Danemark publie ses chiffres officiels 2025 sur l’immigration : une transparence statistique qui contraste avec le silence français”
Si la France ne veux pas de statistique sur l’immigration et ce qui en résulte c’est bien sous la pressions de la gauche , des associations pro immigration pour qui cette immigration est un vivier d’adhérants et de financements.
Pourtant les autres pays Européens en font et les chiffres sont édifiants ; il ni y a qu’a regarder la carte interactive sur BV pour voir la réalité en France, ou allez sur les sites gouvernementaux pour y chercher les stats officiels disponible pour s’en convaincre.
L’immigration illégal , la Délinquance en France est en augmentation , au rythme actuel nous allons rejoindre le niveau Haïtien.
L’immigration est devenue une souffrance pour les natifs et ceux qui arrivent… en France, nous avons déjà un pied dans un chaos dantesque : le droit du sol, le regroupement familial et notre gouvernement qui est aux abonnés absents alors nous dérivons vers, vers…..quelque chose d’indescriptible….alors, qu’importe les statistiques et tout le tintouin chiffré….la réalité va nous sauter au visage….dans peu de temps….