Trois étapes, deux victoires, un maillot cyclamen solidement vissé sur les épaules : voilà le bilan, déjà éloquent, d’un Picard de 22 ans dont le nom commence à faire trembler le gratin des sprinteurs internationaux. Ce dimanche 10 mai, dans les rues larges de Sofia, Paul Magnier (Soudal Quick-Step) a confirmé qu’il n’avait pas volé son sacre du jeudi précédent en s’adjugeant la troisième étape du Tour d’Italie devant Jonathan Milan (Lidl-Trek) et Dylan Groenewegen (Unibet Rose Rockets). Photo-finish, ralenti minutieux, vérification chronométrée : le verdict, longtemps suspendu, a fini par tomber en faveur du Français.
Une dernière journée bulgare apaisée
Après deux étapes endeuillées par des chutes massives — la plus récente ayant contraint Adam Yates à l’abandon, laissant l’équipe UAE Emirates-XRG réduite à cinq unités après les retraits antérieurs de Jay Vine et Marc Soler —, le peloton avait besoin d’une journée plus sereine. Le scénario bulgare le lui a accordé. Trois fugitifs ont occupé les premiers rôles pendant 174 kilomètres : Manuele Tarozzi (Bardiani CSF 7 Saber), Diego Pablo Sevilla et Alessandro Tonelli (Polti VisitMalta), repris à quelques encablures de la ligne, juste à temps pour livrer un sprint massif comme il en faut, sans accroc ni amertume.
Les trains se sont ensuite ordonnés avec la précision d’horlogerie attendue dans ce genre d’exercice. Les Rockets s’employaient à dérouler le tapis rouge sous les roues de Groenewegen lorsque, dans un virage situé à cent mètres de la ligne, Milan s’est levé sur les pédales pour lancer son propre numéro. Bien lui en aurait pris si Magnier n’avait pas patiemment attendu son heure dans sa roue. Le Français a déboîté à 150 mètres du but, planté son accélération avec cette espèce de tranquillité brutale qui fait les vrais sprinteurs, et coupé la ligne en tête. Vingt-huitième succès chez les professionnels, quatrième de la saison : la statistique commence à parler toute seule.
Un maillot cyclamen revendiqué jusqu’à Rome
Magnier ne se cache pas : son objectif sur ce Giro, c’est de ramener la tunique des points jusqu’à l’arrivée. Avec deux bouquets en trois jours et une troisième place facile à inscrire dans les jambes pour quiconque sait sprinter en bordure de Milan et de Groenewegen, le Picard a déjà pris une avance qu’il faudra venir lui contester ligne après ligne. Le maillot rose, lui, repose toujours sur les épaules de l’Uruguayen Guillermo Thomas Silva (XDS Astana), qui devance Florian Stork (Tudor) et Egan Bernal (Netcompany Ineos). Mais les hommes du général sont restés sagement dans les roues : la véritable bataille pour le rose attendra les Apennins.
Une école française du sprint qui prend forme
Il y a quelque chose de réjouissant à voir un Français de 22 ans tenir tête, sprint après sprint, à Milan, Groenewegen, Ackermann et autres références mondiales du genre. Magnier ne se contente pas de gagner ; il gagne avec la sérénité de ceux qui savent que les jours suivants leur appartiendront aussi. Derrière lui, Paul Penhoët (Groupama-FDJ United), onzième à Sofia, signe lui aussi des sprints prometteurs. Une école française du sprint est bel et bien en train d’émerger — et elle ne demande qu’à confirmer, kilomètre après kilomètre, sur les routes italiennes des prochains jours.
Le peloton quitte la Bulgarie avec un Français qui claque deux victoires sur trois et un maillot cyclamen qui pourrait bien faire le voyage jusqu’à la Ville éternelle. La preuve, s’il en fallait encore une, que le cyclisme tricolore ne se résume pas aux ambitions de classement général. Sur la ligne droite, le drapeau bleu-blanc-rouge a aussi son mot à dire.
Ce lundi direction l’Italie et la Corsa Rosa, pour une étape qui amènera mardi les coureurs le long de la mer Tyrrhénienne. D’abord jusqu’au sommet de Cozzo Tunno (14,5 km à 5,9 %). Et pourquoi pas un sprint en comité réduit demeure possible à Cosenza, avec une arrivée en faux-plat montant (3,7 % sur les 450 derniers mètres). Un triplé de Magnier ?
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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