Remplacement de population. 41 % de la population française liée à l’immigration

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L’enquête « Trajectoires et Origines 2 » publiée ce jeudi 21 mai par l’Ined et l’Insee, fondée sur 27 000 personnes interrogées, livre des chiffres qui devraient être au cœur du débat public. Un tiers de la population âgée de 18 à 59 ans est désormais immigré, enfant ou petit-enfant d’immigré. 41 % en incluant les couples mixtes. Une transformation démographique majeure, désormais documentée par la statistique publique elle-même.

Le mot fait débat, le chiffre, lui, est désormais validé par la statistique officielle. L’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Insee ont publié ce jeudi 21 mai un ouvrage de 616 pages présentant les résultats de la seconde enquête « Trajectoires et Origines » (TeO2), réalisée auprès de 27 181 personnes âgées de 18 à 59 ans entre juillet 2019 et janvier 2021. Le constat dressé par les chercheurs, sous la direction de Cris Beauchemin, Mathieu Ichou et Patrick Simon, est sans appel : la France hexagonale est désormais une société profondément transformée par l’immigration, sur trois générations.

Le chiffre choc : un tiers de la population issue de l’immigration

Parmi les 18-59 ans vivant en France métropolitaine, l’enquête identifie 13 % d’immigrés (nés étrangers à l’étranger), 11 % d’enfants d’immigré(s), et 10 % de petits-enfants d’au moins un immigré. Total : un tiers de la population concernée par un lien direct à l’immigration sur trois générations. Si l’on ajoute les personnes vivant en couple avec une personne issue de l’immigration, le pourcentage grimpe à 41 %.

Ce chiffre, sans précédent dans la statistique publique française, est rendu possible par une innovation méthodologique majeure : pour la première fois, l’enquête remonte jusqu’aux grands-parents pour identifier la « troisième génération ». L’Ined le présente comme la preuve d’une « société entremêlée ». Lu sous un autre angle, il atteste d’une mutation démographique d’une rapidité historique : en deux ou trois générations, la composition même de la population française a basculé.

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Une diversification continue qui ne ralentit pas

L’enquête confirme également que le phénomène migratoire ne se tarit pas. Parmi les immigrés présents en France au moment de la collecte, 29 % sont arrivés après la précédente enquête de 2008-2009. Plus parlant encore : la composition par origine évolue rapidement. Si 88 % des « petits-enfants d’immigrés » ont des ascendances européennes — héritage des migrations italiennes, espagnoles, polonaises et portugaises du XX^e siècle — la composition des nouvelles vagues est radicalement différente.

Aujourd’hui, parmi les immigrés de 18 à 59 ans, 32 % viennent du Maghreb, 19 % d’Afrique subsaharienne, 16 % d’Asie, et seulement 28 % d’Europe. Chez les descendants d’immigrés les plus jeunes (moins de 25 ans), les origines africaines deviennent majoritaires. La transformation, déjà entamée, ne fait que s’accélérer pour les décennies à venir.

Précarité administrative durable : un sur cinq sans-papiers à un moment

L’un des résultats les plus politiquement sensibles concerne les trajectoires administratives. Selon TeO2, 20 % des immigrés arrivés à l’âge adulte déclarent avoir été sans papiers à un moment de leur séjour en France. Plus frappant : 20 % des immigrés naturalisés français ont, à un moment ou un autre, été en situation irrégulière. Un quart des détenteurs de la carte de résident de dix ans ont également connu cet épisode.

Autrement dit, la clandestinité ne ferme nullement les portes de la régularisation, puis de la nationalité française. Une réalité administrative qui mériterait à elle seule un débat parlementaire — et que les électeurs apprécieront selon leurs propres convictions.

Une assimilation à deux vitesses

L’ouvrage met fortement en avant l’idée d’une « hybridation croissante » des origines, à travers les unions mixtes. De fait, 39 % des immigrés ont un conjoint d’une autre origine. Mais cette moyenne globale dissimule des disparités considérables. La mixité conjugale atteint 90 % pour les enfants d’immigrés européens — confirmant l’assimilation complète des descendants des migrations italienne, espagnole et portugaise — mais reste sensiblement plus faible pour les descendants d’immigrés du Maghreb, d’Afrique subsaharienne et de Turquie.

Plus révélateur : l’enquête signale la « prévalence du mariage direct sans cohabitation préalable pour les descendants d’origine turque et maghrébine », respectivement 30 % et 45 %, contre une pratique « résiduelle » dans le reste de la population française. La persistance de modèles matrimoniaux distincts au sein de certaines communautés est ainsi documentée — sans toutefois qu’il en soit tiré de conclusion sur ce que cela signifie pour la cohésion nationale.

Ségrégation résidentielle : la France se sépare

Le constat le plus préoccupant est sans doute celui de la ségrégation résidentielle. 51 % des immigrés d’Afrique subsaharienne et 36 % des immigrés maghrébins vivent dans les 20 % de quartiers où la concentration d’immigrés non européens est la plus forte — contre seulement 6 % de la population sans ascendance migratoire. 33 % des Subsahariens et 31 % des Maghrébins vivent dans les quartiers à fort taux de chômage.

Et l’enquête le souligne sans ambiguïté : la ségrégation ethnoraciale s’est accentuée depuis 2008. La France ne va donc pas, sur ce point précis, vers le « mélange » que l’Ined met en avant dans son récit général. Au contraire : les fractures résidentielles s’aggravent, génération après génération.

Des inégalités persistantes lues exclusivement comme « discriminations »

L’enquête confirme la persistance d’écarts importants en matière d’emploi pour les descendants d’origine maghrébine et subsaharienne. À diplôme comparable, le sur-risque de chômage par rapport à la population sans ascendance migratoire atteint 6,3 points pour les hommes descendants maghrébins, 6 points pour les descendants subsahariens, et persiste à la deuxième génération.

L’ouvrage choisit de lire ces écarts à travers le prisme quasi exclusif des « discriminations » et du « racisme ». 41 % des descendants d’immigrés subsahariens, 35 % des descendants maghrébins déclarent avoir subi des traitements discriminatoires au cours des cinq dernières années. Le vocabulaire mobilisé — « minorités racisées », « racialisation », « ethnoraciaux », « altérisation » — est celui, désormais bien identifié, d’une école de pensée précise des sciences sociales françaises.

Reste qu’à aucun moment l’enquête ne tente sérieusement d’isoler le poids relatif des autres facteurs explicatifs possibles : type d’établissements scolaires fréquentés, qualité effective des diplômes, capital social familial, maîtrise réelle de la langue, comportements et codes culturels dans les processus de recrutement. Le sur-risque de chômage des descendants nés en France est ainsi attribué, par construction méthodologique, à la « société majoritaire ». Une grille de lecture militante davantage que strictement scientifique.

Identification à la France : un sentiment majoritaire mais contesté

Sur le plan identitaire, les chiffres donnent une image contrastée. Interrogés sur les origines auxquelles ils se considèrent appartenir, 75 % des petits-enfants d’immigrés citent la France seule, contre 78 % dans la population sans ascendance migratoire. Chez les enfants d’immigrés, 39 % citent la France seule, et 33 % la France combinée à un autre pays.

Mais l’enquête souligne un paradoxe inquiétant : 32 % des descendants d’Outre-mer, 42 % des descendants d’Afrique subsaharienne et 37 % des descendants d’origine maghrébine déclarent qu’on leur dénie leur « francité ». Entre 39 % et 47 % rapportent des expériences de « renvoi à l’origine ». L’enquête y voit la marque d’un racisme persistant. Mais cette même proportion peut aussi se lire comme l’aveu, par les intéressés eux-mêmes, d’une difficulté objective de la société française à reconnaître pleinement français des personnes dont les codes culturels et les références identitaires restent, en partie, ancrés ailleurs.

L’enquête à lire — mais à lire entièrement

L’enquête TeO2 est un document de qualité technique remarquable. Méthodologie validée par la Cnil et le Cnis, échantillon exceptionnel de 27 000 personnes, taux de réponse élevé (67 %), données accessibles à la communauté scientifique : la robustesse statistique du travail réalisé n’est pas en cause. C’est davantage la grille de lecture imposée par les directeurs scientifiques qui mérite discussion. Les auteurs concluent leur ouvrage en appelant à des « politiques d’égalité effectives contre le racisme et les discriminations » et à un « récit national renouvelé » incluant pleinement les descendants d’immigrés.

Une recommandation politique qu’il sera intéressant de comparer aux préférences réelles des Français — y compris des Français issus de l’immigration eux-mêmes — telles qu’elles s’expriment dans les urnes depuis plusieurs scrutins. Car au-delà des choix de vocabulaire et des grilles d’interprétation, les chiffres bruts, eux, sont implacables. La France de 2026 n’est plus celle de 1976. Et l’enquête TeO2, qu’on adhère ou non à ses conclusions politiques, en apporte la démonstration statistique la plus complète jamais produite par la statistique publique française.

Une table ronde se tiendra le jeudi 28 mai à 17 heures à l’Auditorium de l’Humathèque Condorcet à Aubervilliers, en présence des trois directeurs de l’ouvrage. L’ouvrage est en vente en librairie au prix de 29 euros.

Photo d’illustration : PIxabay (cc)

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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9 réponses à “Remplacement de population. 41 % de la population française liée à l’immigration”

  1. vert dit :

    Il est temps d’organiser la remigration.
    Le 30 mai va se tenir le 2ème congrès européen sur la remigration a Porto .

  2. pschitt dit :

    Excellente analyse.

  3. Dany dit :

    Exact! Les mahometans envahisseurs ont toujours dit leur but…on n’a pas voulu les entendre…voilà le résultat.
    Il est plus que temps de refuser de finir en califat !! Se réveiller et renvoyer au bled…après déchéance de nationalité francaise pour les binationaux

  4. Steon dit :

    Histoiquement, c’est vers 40% qu’une population infiltrée dans une autre commence à revendiquer des droits et que commence la guerre civile.

  5. guillemot dit :

    Petit à petit le « Remplacement » qui n’existe pas , fait son nid et la nouvelle génération leucoderme , endoctrinée dès le jardin d’enfants et la maternelle, n’y trouve rien à dire

  6. Guenael dit :

    Et en même temps, je pense que si on remontait encore plus loin dans nos généalogies respectives, beaucoup d’entre nous serions surpris. Moi même d’origine espagnole au 19ème siècle, je l’ai découvert il y a peu. Beaucoup de Provençaux viennent d’Italie ou d’Espagne par exemple…

  7. Thierry dit :

    Lorsque l’on regarde les publicités à la télé, les séries américaines et même françaises ainsi que les prospectus et autres catalogues des grandes enseignes, force est de constater une place prépondérante de personnes originaires d’ afrique sub-saharienne ( sans compter les métis).
    Il s’ agit sans doute de préparer en douceur la population française au grand remplacement.

  8. Yvette dit :

    « Une place prépondérante », dites-vous, Thierry ? Il ne faudrait pas exagérer non plus. Vous êtes choqué peut-être de voir la diversité dans les pubs, mais la société française n’est pas (plus) que blanche, c’est un fait. Et les publicitaires l’ont bien compris. (Et en même temps, si j’ose, je pense que cela permet une meilleure inclusion, mais cette idée risque-t-elle de choquer également ?).cdt

  9. JLP dit :

    Généralisations très incertaines. Reprenez l’ « Histoire de la population française », en quatre tomes (!) sous la direction de Jacques Dupâquier : on ne peut guère parler d’immigration avant la révolution industrielle, disons avant le milieu du XIXe siècle. Et c’était une immigration de travail. Aujourd’hui, merci à Chirac et Giscard, c’est une immigration de peuplement. Mais cela ne va pas toujours sans problème : voyez comment les Bretons se lèvent contre l’implantation en Bretagne d’une brasserie lancée par un Français d’origine africaine et par un métis franco-suédois, Erik Tegnér…

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