Le Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron (Loir-et-Cher) a accueilli du 15 au 17 mai dernier la vingtième édition du Grand Tournoi, organisé chaque année par la Fédération française d’équitation (FFE) à l’occasion du week-end de l’Ascension. Pour cet anniversaire, l’événement a tenu ses promesses : 556 équipes engagées, environ 2 500 cavaliers, autant de poneys et de chevaux, dix-sept terrains en activité simultanée et soixante-dix titres de champions de France décernés au terme de trois journées de compétition.
Quatre disciplines collectives à l’honneur
Le Grand Tournoi met en lumière des disciplines équestres collectives moins médiatisées que le saut d’obstacles ou le dressage, mais qui rassemblent un public fidèle dans les clubs : le horse-ball, les pony-games, le paddock-polo et le tir à l’arc à cheval. La répartition des engagements traduit la popularité respective de chaque discipline : 263 équipes en horse-ball, 238 en pony-games, 41 en tir à l’arc à cheval et 14 en paddock-polo. Pour de nombreux centres équestres et poney-clubs, ce rendez-vous représente l’aboutissement d’une saison entière de préparation et joue un rôle pédagogique en faisant découvrir des pratiques collectives à de jeunes cavaliers souvent habitués à des disciplines individuelles.
L’édition 2026 servait également de support de sélection pour plusieurs échéances internationales. En horse-ball, la composition de l’équipe de France Cadets engagée aux championnats d’Europe — eux-mêmes prévus à Lamotte-Beuvron du 10 au 15 août — a été annoncée à cette occasion. Les sélectionneurs nationaux de pony-games ont par ailleurs profité du tournoi pour évaluer les joueurs en vue des championnats du monde organisés à la mi-août sur le même site. Les cavaliers de tir à l’arc à cheval, eux, devaient impérativement participer à l’épreuve pour espérer figurer dans les sélections françaises pour les championnats d’Europe de septembre en Espagne ou pour les World Nomad Games organisés au Kirghizistan fin août.
Une présence bretonne remarquée
La Bretagne n’a pas manqué le rendez-vous solognot. Aziliz De Tonquedec, quatorze ans, licenciée aux écuries du Reden dans le Finistère, faisait partie des engagés en paddock-polo dans la catégorie Open 2. Son club est, selon elle, le seul de la région à proposer cette discipline, ce qui en fait une porte d’entrée originale vers les sports équestres collectifs. La jeune cavalière a souligné l’ambiance familiale du tournoi et la possibilité offerte par l’événement de découvrir des disciplines que l’on n’a pas l’habitude de croiser dans les manèges habituels.
Au-delà de la Bretagne historique, le tournoi a vu converger des équipes venues de tout le territoire, y compris des départements et collectivités d’outre-mer. Une équipe de horse-ball de l’Éperon de Tahiti avait ainsi parcouru plus de quinze mille kilomètres pour participer aux championnats de France. Sa cavalière Mai Ly Bouillet, seize ans, a raconté son arrivée plusieurs jours avant le début des matchs pour permettre aux joueurs de se familiariser avec les poneys loués en métropole. La Polynésie française développe depuis quelques années une pratique du horse-ball, malgré des moyens nettement plus modestes qu’en métropole.
Une finale féminine sur le fil
Les Coupes de France de horse-ball, féminines et mixtes, constituaient l’un des temps forts du week-end, avec demi-finales et finales programmées sur le terrain principal devant un public nourri.
Dans la catégorie féminine, Meurchin a conservé son titre face à l’écurie du Coulazou dans une rencontre indécise jusqu’aux dernières secondes. Le score, serré tout au long du match, a basculé à huit secondes du terme du temps réglementaire sur un but d’Anasthasia Dubois, scellant la victoire 5 à 4 et offrant à Meurchin une deuxième Coupe de France consécutive. Particularité de cette finale : la buteuse affrontait sa propre sœur, les deux joueuses ayant évolué jusqu’alors dans la même équipe. Pont-à-Mousson a complété le podium en s’imposant 7 à 5 face à Loire-sur-Rhône lors de la petite finale.
Chez les mixtes, Loire-sur-Rhône a en revanche dominé la finale face à Chambly sur un score sans appel de 11 à 7, complétant un palmarès qui comprenait déjà le championnat Pro Élite et la Champions League. L’équipe est encadrée par un duo d’entraîneures exclusivement féminin, Ève Segear et Lison Daissemin, une singularité dans le horse-ball masculin de haut niveau. Lunéville s’est adjugé la troisième place après une victoire 8 à 7 sur HBGO.
Un rendez-vous fédérateur
Au-delà de la dimension compétitive, le Grand Tournoi entend cultiver ce que la fédération présente comme l’esprit du sport collectif : préparation en équipe, partage entre générations, rencontres entre clubs venus de régions très éloignées. La présence de cavaliers ultramarins, de bénévoles, de familles entières venues encourager leurs enfants donne à l’événement une dimension qui dépasse le strict cadre sportif. Pour les organisateurs, c’est précisément ce caractère convivial et familial qui explique la longévité de la manifestation.
La prochaine édition est d’ores et déjà programmée. Les passionnés de sports équestres collectifs ont rendez-vous du 6 au 9 mai 2027 à Lamotte-Beuvron pour ce qui sera officiellement la vingtième édition du Grand Tournoi — la fédération comptant ses anniversaires sur les éditions consécutives plutôt que sur les années calendaires.
Photo d’illustration : PIxabay (cc)
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Une réponse à “Le Grand Tournoi 2026 a célébré ses vingt ans à Lamotte-Beuvron, la Bretagne bien représentée”
Bravo à damoiselle Azilis…si vous avez des chevaux, poneys inutilisés proposez-les à un club hippique qu’ils permettent à des enfants, ados de se familiariser avec un cheval! Et n’oubliez pas que le veto n’est pas gratuit.