Insultes, crachats, agressions, profanations : depuis plusieurs mois, les actes hostiles aux communautés chrétiennes se multiplient en France comme dans le reste du monde. C’est ce constat que documente une enquête vidéo de près de quarante minutes signée Armel Joubert des Ouches, présentée comme inédite par son auteur. Au fil d’un périple qui l’a mené de Bretagne en Vendée, de Nouvelle-Aquitaine dans le Tarn-et-Garonne, en passant par la Drôme, les Bouches-du-Rhône et Strasbourg, le journaliste tente moins de dresser un inventaire exhaustif – qu’il juge impossible tant la liste serait longue – que de comprendre les ressorts profonds de ce phénomène.
De Moissac à Saint-Laurent-sur-Sèvre, une série de drames
Le reportage s’ouvre sur des faits récents et anciens. À Moissac, dans le Tarn-et-Garonne, un individu s’est introduit fin octobre 2025 dans la basilique en plein office, menaçant une religieuse de la communauté Marie mère de l’Église avant de quitter les lieux en hurlant. La scène, filmée, a fait le tour des réseaux sociaux. Le maire de la commune, Romain Lopez, a publiquement dénoncé un comportement s’apparentant selon lui à une profanation, et pointé l’impuissance de l’État.
À Valence, dans la Drôme, une paroissienne de Notre-Dame, Guillen Delpêche, raconte la profanation survenue le 30 juin 2023 : un homme s’était introduit dans l’église ouverte pour la prière, avait fracassé l’autel de la Vierge puis le mobilier avant d’être interpellé et conduit en hôpital psychiatrique.
Le reportage revient aussi sur des faits autrement plus graves. La tentative de meurtre du père Olivier Marie, à Bourg-lès-Valence en juin 2012, agressé par-derrière au cutter, sauvé par son col romain en celluloïd sur lequel la lame a dérapé. Et surtout deux assassinats : celui du père Jacques Hamel, égorgé dans son église en juillet 2016 par deux individus de 19 ans, acte revendiqué par l’organisation État islamique ; et celui du père Olivier Maire, le 9 août 2021 à Saint-Laurent-sur-Sèvre, en Vendée. L’enquête rappelle que ce dernier meurtre fut commis par un demandeur d’asile rwandais visé par plusieurs obligations de quitter le territoire français, et qui avait par ailleurs incendié la cathédrale de Nantes un an plus tôt.
Des chiffres contestés et un soupçon de minimisation
L’un des fils conducteurs de l’enquête concerne la fiabilité des statistiques. Si les assassinats de religieux demeurent rares en France, l’auteur souligne l’augmentation des dégradations de biens : statues, autels, tabernacles, vitraux, tags sur les murs d’église. Selon le rapport annuel de l’Observatoire de l’intolérance et des discriminations contre les chrétiens en Europe (OIDAC) publié en novembre 2025, la France figurerait en tête des pays européens pour le nombre d’actes antichrétiens, devant le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Autriche.
Le journaliste affirme toutefois que ces chiffres sous-estiment la réalité, pour deux raisons. D’une part, le témoignage d’un ancien officier de police qui décrit, sur quatre décennies, une banalisation des dégradations de sépultures catholiques, rarement comptabilisées comme telles. D’autre part, le silence que certains diocèses demanderaient aux fidèles, illustré dans l’affaire de Valence par le témoignage d’un paroissien, Gilbert Quentin, qui dit n’avoir pas été autorisé à se plaindre ni à diffuser des images.
L’enquête met également en cause une partie de la presse, accusée de systématiquement rattacher ces actes à des individus présentés comme déséquilibrés ou souffrant de troubles mentaux, masquant selon l’auteur d’autres réalités.
Une lecture idéologique : la « dictature du relativisme »
Au-delà des faits divers, le reportage cherche une explication de fond. Interrogé à Strasbourg, le directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), Grégor Puppinck, situe l’origine de cette hostilité dans la Révolution française et dans ce qu’il décrit comme une divergence croissante entre le discours dominant européen et l’enseignement chrétien. L’opposition serait devenue, selon lui, anthropologique : l’homme moderne percevant toute contrainte comme une atteinte à sa liberté, tandis que l’Église continue de défendre la notion de loi naturelle. Il reprend à son compte l’expression de Jean-Paul II dénonçant la « dictature du relativisme ».
L’enquête élargit ensuite son propos à ce qu’elle qualifie d’inversion des valeurs : les blasphèmes d’une militante d’extrême gauche du Pays basque espagnol, Ane Lindane, restés selon l’auteur sans condamnation ; une performance autour de la figure de Lilith dans les rues de Toulouse ; et un long développement sur le Hellfest de Clisson, en Loire-Atlantique, dont l’imagerie occulte et les vitraux parodiant ceux des églises sont présentés comme une attaque frontale contre le catholicisme. Un ancien franc-maçon, Serge Abad-Gaillard, y livre une lecture symbolique des figures mises en avant par le festival.
L’État, l’école et la persécution mondiale
Le reportage met en cause une forme de responsabilité de l’État, qu’il s’agisse du refus, par Jacques Chirac, de mentionner les racines chrétiennes de l’Europe dans le projet de Constitution européenne, ou du traitement réservé à certaines écoles catholiques hors contrat, décrites comme harcelées par l’administration alors qu’elles ne coûtent rien à l’Éducation nationale.
L’enquête s’achève par un panorama international. Citant l’index annuel de l’association Portes ouvertes, elle rappelle que les chrétiens constitueraient le groupe religieux le plus persécuté au monde, avec plus de 380 millions de personnes concernées, notamment dans des régimes autoritaires islamistes ou communistes. Le cas du Nigéria, où prêtres et fidèles sont victimes d’enlèvements et de meurtres, fait l’objet de témoignages directs, de même que la situation des chrétiens autochtones d’Afrique du Nord, dont la vie demeure intégralement régie par le cadre islamique.
Une enquête dense, à charge et assumée comme telle, qui invite le spectateur à s’interroger sur la place du christianisme dans une société française que l’auteur décrit comme ayant oublié ses propres racines.
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3 réponses à “Christianophobie en France : une enquête vidéo inédite revient sur les attaques contre les chrétiens”
J’ajouterais les trop nombreux incendies d’églises, présenteraient elles toutes tout à coup des défauts dans leur installation électrique ?
Si on attaque le christianisme, c’est qu’il fait peur ! Les progressistes voient bien que 25.000 personnes vont recevoir le baptême cette année, qu’une partie de la jeunesse, déçue par une idéologie triste et sans espoir se tourne désormais vers l’Eglise et l’Espérance….Ce constat signifie qu’une croisade a démarré avec les mêmes ingrédients qui ont fait le succès de l’ Islam rejetant wokisme et progressisme.
En somme, le crétin qui a souillé cette église est tout de même inspiré de la sagesse divine malgré lui. En fait, Dieu est en tout (tout ce qui a été fait a été fait par lui, rien de ce qui a été fait n’a été fait sans lui), donc, effectivement, il est « dans » l’Antifa….seulement, c’est l’antifa qui n’est pas en lui, et c’est là où réside le problème…pour l’antifa… qui aura à en répondre, en temps voulu !