Des sœurs cisterciennes face aux éoliennes d’EDF : le combat de Notre-Dame des Neiges

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À 1 100 mètres d’altitude, dans les hauteurs cévenoles à la frontière de l’Ardèche et de la Lozère, l’abbaye Notre-Dame des Neiges vit un renouveau monastique remarquable depuis l’arrivée de religieuses cisterciennes en 2022. Un projet éolien porté par une filiale d’EDF menace aujourd’hui cet équilibre fragile — et soulève des questions bien au-delà du seul débat énergétique.

Un lieu chargé d’histoire et de spiritualité

Fondée en 1850 par des moines venus de la Drôme, l’abbaye Notre-Dame des Neiges a traversé les siècles et les épreuves — dont un incendie total en 1912, suivi d’une reconstruction immédiate. Halte historique sur le chemin de Stevenson, elle a abrité des personnalités aussi diverses que saint Charles de Foucauld, venu y goûter le silence contemplatif avant de partir pour le désert, ou Robert Schuman. La communauté trappiste masculine qui l’habitait depuis des décennies a fini par quitter les lieux fin 2021, affaiblie par le tarissement des vocations.

Le relais a été pris par des moniales cisterciennes venues de l’abbaye de Boulaur, dans le Gers. Arrivées à huit en 2022, elles sont aujourd’hui une douzaine, ont relancé l’accueil des visiteurs, développé une activité de fabrication de produits ménagers naturels à base de plantes, et maintenu un lien fort avec la vie locale — notamment avec un foyer accueillant des personnes handicapées dans le village voisin. Le 28 décembre 2025, le Vatican a officiellement reconnu le site comme prieuré autonome sous le pontificat du pape Léon XIV. Le renouveau est réel, documenté, vivant.

Quelque 70 000 visiteurs franchissent chaque année les portes du monastère, dont près de 17 000 randonneurs empruntant le chemin de Stevenson ou la Régordane.

Six à dix éoliennes de 150 mètres à quelques centaines de mètres

C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet porté par EDF Power Solutions : l’implantation de six à dix éoliennes industrielles pouvant atteindre 150 mètres de hauteur en bout de pale, sur les crêtes dominant le monastère, à la frontière ardéchoise et lozérienne. Les études techniques et environnementales sont en cours depuis plusieurs années. L’opérateur n’a pas encore déposé de dossier officiel en préfecture, mais une étape politique décisive a été franchie à l’automne 2025 : le conseil communautaire Montagne d’Ardèche a rendu un avis favorable, avançant les retombées fiscales attendues pour un territoire confronté au déclin démographique et à la baisse des dotations publiques.

Pour les religieuses, le projet entre en contradiction directe avec ce qui constitue l’identité même du lieu. Ce que viennent chercher les visiteurs — le silence, la sérénité, des paysages intacts à perte de vue — serait irrémédiablement altéré par des structures industrielles visibles à plusieurs kilomètres à la ronde. La communauté dit ne pas s’opposer par principe aux énergies renouvelables, mais s’interroge sur la pertinence d’une telle implantation à proximité immédiate d’un site spirituel vivant et d’un patrimoine de randonnée reconnu. Les sœurs évoquent même l’idée de créer une réserve naturelle sur leurs parcelles forestières pour pérenniser l’écosystème local.

Une biodiversité exceptionnelle en jeu

Les opposants au projet soulignent la richesse ornithologique et chiroptérologique du secteur : aigle royal, milan royal, vautour moine, busard cendré, plusieurs espèces de chauves-souris rares — une trentaine d’espèces protégées seraient exposées aux risques liés aux pales en rotation. EDF Power Solutions affirme que ses études concluent à un impact global limité, avec des dispositifs d’arrêt temporaire lors des périodes de passage des espèces sensibles. Les associations environnementales locales jugent ces mesures insuffisantes.

Une pétition lancée par l’association Urgence Nature a recueilli plus de 21 000 signatures. Son secrétaire, également président de la fédération nationale Vent de colère, dénonce par ailleurs une opacité administrative sur l’état réel d’avancement des objectifs nationaux en matière d’éolien terrestre : selon lui, les capacités déjà autorisées ou en service approchent déjà le plafond fixé pour 2035, rendant de nouveaux projets non seulement discutables sur le plan patrimonial, mais potentiellement superflus sur le plan énergétique.

Ce qui se joue à Notre-Dame des Neiges dépasse le débat technique sur les mérites comparés des sources d’énergie. C’est la question de ce qu’une société choisit de protéger — ou de sacrifier — au nom de ses objectifs énergétiques. Des crêtes de montagne intactes depuis des siècles, un monastère en plein renouveau, des dizaines de milliers de marcheurs qui viennent y chercher quelque chose que les plaines urbaines ne peuvent plus offrir : tout cela a une valeur que les retombées fiscales communautaires ne sauraient compenser.

Les sœurs, elles, ont choisi leurs mots avec soin : elles s’engagent à rester « jusqu’à leur mort », et cohabiteront avec les éoliennes si elles doivent l’être. Mais elles continuent de penser que ce n’est pas la bonne solution pour ce territoire.

Source : DR

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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9 réponses à “Des sœurs cisterciennes face aux éoliennes d’EDF : le combat de Notre-Dame des Neiges”

  1. jacques allemmoz dit :

    Comment EDF peux saccager une montagne avec des moulins a vent qui ne produise souvent rien qui polluent par leur fabrication fabrication avec beaucoup d’énergie de terre rare abime le paysage

  2. Durandal dit :

    Bonjour,

    Hier il y avait du vent. Elles étaient toutes arrêtées non loin de chez moi. Souvent, la moitié tourne. Nous produisons trop et pour rien.

    Cdt.
    M.D

  3. Raymond Neveu dit :

    Excellente article de Eric Sartori dans le Ouest France du 04/06/2026, mine de rien en douce Lecornu
    -chon signe discrètement tout ce qui lui tombe sous la plume pour massacrer nos paysages et donner des indigestions de frics à des Consortiums étrangers. Changer de régime s’impose.

  4. Carton Rouge dit :

    Les éoliennes ? La plus grosse arnaque du siècle !

  5. Astuguevieille Helene dit :

    Où peut-on signer la pétition ?
    De tout cœur avec vous mes sœurs.

  6. JACQUES dit :

    L EDF C’EST L ÉTAT.. IL DOIT DONC PROTÉGER LA NATURE NOS PAYSAGES LES CITOYENS…
    ET SI L’ON EST RATIONNEL COMBIEN VA COUTER TOUTE CETTE OPÉRATION POUR UN RAPPORT MINIME ET DES INCONVENANTS MAJEUR.
    LES MINISTRE CONCERNE DOIVENT ASSUMER LEUR RESPONSABILITEE SUR LEUR BIEN PERSONNEL AINSI QUE LES RESPONSABLE DU PROJET CHEZ EDF
    TOUT CELA EST FACILE DERRIÈRE UN ORDINATEUR IL EST SOUHAITABLE QUE CHAQUE CITOYEN QUI COLLABORE A UNE OPÉRATION COMME C ELLE LA ET BIEN D AUTRE ASSUME PAR ÉCRIT LEUR VOLONTÉ ET LEUR PARTICIPATION
    ET PAYE POUR LA CASSE .

  7. Per Manac'h dit :

    L’arnaque des « escrologistes » !!!

  8. Hadrien Lemur dit :

    EDF affirme que l’impact sur la faune est limitée, on se demande bien d’où ils tiennent cette déclaration péremptoire sachant qu’ils ne font jamais la moindre étude environnementale. Les seules statistiques fiables, sans vouloir être cynique, sont malheureusement celles des ornithologues, des chasseurs ou des promeneurs qui découvrent les cadavres d’oiseaux, souvent d’espèces protégées et en danger d’extinction. Ajoutez à cela le gâchis du paysage et vous obtenez le résultat désiré par des promoteurs véreux qui ne voient que leur portefeuille.

  9. Ronan dit :

    Nozmad voici le site de la pétition : https://www.mypetition.org/petition/nature-environnement/honte-a-edf-dites-a-6/277108 (c’est fait de mon côté mais si vous pouvez faire un don, faites le ; cordialement) ;

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