Belfast : deuxième nuit d’émeutes, une liste de cibles circule — Dublin aussi descend dans la rue

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La situation en Irlande du Nord ne s’est pas calmée avec le lever du jour. Mercredi soir 10 juin, une deuxième nuit d’émeutes a éclaté à Belfast, tandis qu’à Dublin, quelque 400 manifestants anti-immigration défilaient du centre-ville vers le parlement irlandais. L’onde de choc de la tentative de décapitation de lundi s’étend désormais à l’ensemble de l’île d’Irlande.

Deuxième nuit de violences à Belfast : canons à eau et liste de cibles


Dès 19h45 mercredi soir, des groupes masqués se rassemblaient à nouveau sur le rond-point de Sandyknowes dans le nord de Belfast, en direction de l’hôtel Chimney Corner à Newtownabbey — établissement soupçonné d’héberger des demandeurs d’asile. Des briques, des bouteilles et des feux d’artifice ont été lancés sur les lignes de police antiémeutes. Des clôtures en bois ont été arrachées pour servir de projectiles contre les véhicules blindés de la PSNI positionnés en travers de la route.

À 20h15, pour la première fois depuis le début des troubles, la police a utilisé un canon à eau pour repousser la foule. Des explosions ont été entendues dans le secteur. Un camion-citerne a été incendié à proximité.

Parallèlement, une liste sinistre circulait sur le réseau social X : des adresses résidentielles de Belfast, présentées comme celles de foyers de migrants, avec une invitation implicite à les cibler. Une élue locale, Kate Nicholl, a publiquement alerté la police et appelé les riverains à prendre contact avec leurs voisins pour s’assurer de leur sécurité. La PSNI a annoncé des patrouilles renforcées dans les secteurs concernés.

Les dégâts de la première nuit : familles sans abri, commerces détruits

Le bilan humain de la nuit du mardi commence à se préciser. Une famille africaine installée à Belfast depuis vingt ans a dû quitter son domicile après que sa maison a été incendiée. Une adolescente ukrainienne a fui après que la porte d’entrée de son foyer a pris feu. Un nourrisson de deux mois a dû être évacué par la police. Jamie Corry, habitant depuis treize ans la rue Lendrick dans l’est de la ville, a regardé sa maison brûler entièrement, perdant également des effets personnels ayant appartenu à son père décédé.

Un supermarché moyen-oriental a été spécifiquement visé dans Belfast. Un salon de coiffure turc a été saccagé dans le comté d’Antrim, à une trentaine de kilomètres. Anselme Shima, ressortissant congolais vivant dans le quartier avec sa femme et ses trois enfants, a témoigné de sa terreur : « Je me demande si ma maison sera la prochaine à être attaquée. »

La ministre de la Justice d’Irlande du Nord, Naomi Long, a décrit des familles avec de jeunes enfants laissées sans domicile — « complètement innocentes » de l’attaque qui a déclenché les troubles.

La presse de son côté, a totalement balayé l’horreur du lundi soir, pour condamner les émeutes, sans chercher à comprendre pourquoi elles ont lieu. Dans la rue pourtant, les riverains ne sont pas dupes.

Premières comparutions devant la justice

Deux hommes ont été inculpés mercredi pour leur participation aux émeutes. Un homme de 42 ans, est accusé d’émeute, de tentative de destruction d’un véhicule blindé de police, d’agression sur un agent de détention et d’incitation à la foule — il aurait notamment grimpé sur le toit d’un véhicule de police en tentant d’en ouvrir la portière. Un autre, 39 ans, fait face à une accusation d’émeute pour des faits survenus à Newtownabbey. Les deux hommes ont été placés en détention provisoire. Le juge chargé de l’affaire a prévenu que quiconque envisagerait de participer à de nouveaux troubles devait « être prêt à aller en prison ».

Rappelons que l’agresseur principal qui a provoqué toutes ces émeutes, le Soudanais Hadi Alodid, 30 ans, est lui aussi placé en détention provisoire après sa comparution mercredi matin. Stephen Ogilvie, la victime, a perdu son œil gauche dans l’attaque et souffre de profondes lacérations au visage, à la tête et dans le dos.

Dublin : 400 manifestants marchent sur le parlement irlandais

L’onde de choc a franchi la frontière. Mercredi après-midi, quelque 400 manifestants se sont rassemblés devant le GPO — le Bureau général des postes sur O’Connell Street, lieu hautement symbolique de l’histoire irlandaise — avant de marcher vers Leinster House, le parlement de la République d’Irlande. Les organisateurs affichaient comme revendication principale le refus du Pacte européen sur la migration et l’asile, mais de nombreuses pancartes faisaient directement référence à l’attaque au couteau de Belfast.

Une légère friction a opposé manifestants et gardaí — la police irlandaise — lorsque certains ont tenté de déplacer des barrières à l’angle de Kildare Street. Plusieurs lignes de tramway ont été perturbées. La manifestation s’est finalement dispersée sans incident majeur.

Une île entière sous tension

Ce qui se passe cette semaine en Irlande dépasse le seul drame de Kinnaird Avenue. C’est toute l’île qui révèle une fracture profonde sur la question migratoire — une fracture que Belfast et Dublin ont en commun, par-delà la frontière, par-delà les différences confessionnelles et politiques historiques. Les réponses politiques de part et d’autre continuent de se concentrer sur la condamnation des violences sans aborder frontalement les défaillances du système d’accueil et de contrôle qui ont permis à un individu n’ayant rien à faire dans ce pays d’entrer librement, d’obtenir un visa et de finir par laisser un homme borgne dans une rue du nord de Belfast.

Crédit photo : DR (photo d’illustration)
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle. Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.

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Une réponse à “Belfast : deuxième nuit d’émeutes, une liste de cibles circule — Dublin aussi descend dans la rue”

  1. Durandal dit :

    Bonjour,

    Dommage de s’en prendre à des innocents. La liste devrait comporter surtout les noms des personnes qui ont organisé cette politique migratoire.

    CDt.
    M.D

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