Les soldats britanniques coupables du Bloody Sunday peut être bientôt poursuivis ?

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21/10/2013 -09H15 Belfast (Breizh-info.com) – Le dimanche 30 janvier 1972, des parachutistes anglais ouvraient le feu sur des manifestants nationalistes irlandais à Londonderry, tuant quatorze personnes. Cet épisode tragique du « Bloody Sunday », l’un des plus sanglants des « Troubles » en Irlande du Nord, n’avait jamais eu d’épilogue juridique. Mais, a révélé hier le Sunday Times, la police britannique s’apprête à ouvrir une enquête criminelle contre une vingtaine de soldats en retraite, tous sexagénaires ou septuagénaires aujourd’hui. Le ministère de la Défense a commencé à désigner des avocats chargés d’assister les anciens militaires.

C’est la conséquence de l’enquête officielle demandée par le Premier ministre britannique Tony Blair et conduite pendant douze ans par Lord Saville. Publiée le 15 juin 2010, sa conclusion était sans appel : les soldats avaient ouvert le feu sans la moindre justification. Aucun des manifestants tués n’était armé. Les soldats avaient tiré sans sommation. Certains avaient en outre menti sur les circonstances des tirs pour tenter de se disculper. Le Premier ministre David Cameron s’était aussitôt rendu à la Chambre des Communes pour présenter les excuses du gouvernement britannique aux familles des victimes pour ce massacre « injustifié et injustifiable ».

Le major Edward Loden, qui commandait l’unité responsable des tirs, ne sera pas poursuivi : il a été tué par des cambrioleurs voici quelques semaines au domicile de son fils à Nairobi (Kenya). Il avait d’ailleurs été mis hors de cause par le rapport Saville.

Cependant, il pourrait y avoir loin de l’ouverture d’une enquête au procès ! Les militaires interrogés il y a déjà plus de trois ains par Lord Saville ont témoigné anonymement, avec la promesse que leur déposition ne pourrait être utilisée contre eux devant la justice. La police britannique va donc devoir refaire intégralement l’enquête, et rien ne dit que les soldats retraités réitéreront des aveux qui risqueraient de leur coûter cher. Ce n’est pas demain que les plaies se refermeront et que l’armée britannique se débarrassera de cette tache sur son honneur.

Crédit photo : Zubro © 2003, licence CC via Wikimedia
[cc] Breizh-info.com, 2013, dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine.

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