Les aires protégées gagnent du terrain, en France comme à l’échelle internationale. Mais derrière cette progression chiffrée, le constat reste sévère : la biodiversité continue de décliner, les protections demeurent inégales, et les ambitions publiques risquent de se fracasser sur le mur des incohérences politiques et budgétaires.
Selon le bilan mondial repris le 13 avril par la Fondation 30 Millions d’Amis à partir d’un rapport de l’UNEP-WCMC et de l’UICN publié le 19 mai 2021, 22,5 millions de km², soit 16,64 % des zones terrestres et des eaux intérieures, ainsi que 28,1 millions de km², soit 7,74 % des zones marines et côtières, se trouvent dans des zones protégées documentées. En tenant compte des aires récentes non encore enregistrées, le seuil de 17 % prévu pour les terres est considéré comme atteint. Trevor Sandwith, directeur du programme de l’UICN pour les aires protégées, salue à ce titre un « effort vraiment énorme fait par les pays ».
Des progrès quantitatifs, mais une protection encore incomplète
Ce progrès ne doit pourtant pas masquer les faiblesses persistantes du dispositif. Le même rapport souligne qu’environ un tiers des zones clés pour la biodiversité, sur terre et dans les océans, ne sont toujours pas protégées. Il rappelle aussi que les aires protégées doivent être mieux reliées entre elles afin de permettre le déplacement des espèces et le bon fonctionnement des processus écologiques. Or, aujourd’hui, « moins de 8 % des terres sont à la fois protégées et connectées », selon les chiffres repris par la Fondation 30 Millions d’Amis.
Le texte insiste également sur un point trop souvent relégué au second plan : mieux protéger la nature suppose de mieux prendre en compte les droits des peuples autochtones et des populations locales. Autrement dit, l’extension des périmètres protégés ne saurait suffire si elle ne s’accompagne ni d’une gestion sérieuse ni d’une véritable légitimité de terrain.
En France, les ambitions se heurtent aux contradictions de l’État
C’est précisément ce que dénonce Bretagne Vivante à propos du second plan d’action national de la Stratégie nationale pour les aires protégées. L’association juge les orientations globalement positives, mais fragilisées par des choix contradictoires. Elle cite ainsi l’avis du Comité national de la biodiversité, selon lequel « certaines évolutions législatives récentes ou en cours sont susceptibles de compromettre la bonne mise en œuvre des objectifs ». Plus encore, le CNB estime que « la trajectoire budgétaire engagée rend inatteignables les objectifs ».
Le vrai sujet est donc désormais celui de la cohérence. À force de multiplier les annonces sans garantir les moyens, l’État prend le risque de transformer la protection de la nature en promesse bureaucratique de plus, alors même que l’érosion de la biodiversité, elle, ne connaît aucun délai.
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2 réponses à “Aires protégées : des progrès réels, mais une protection encore insuffisante”
En quoi ces aires sont-elles vraiment protégées dès lors que la chasse y est autorisée ?
La NATURE saurait se gérer elle-même.
Bretagne vivante et toutes ces assos veulent sanctuariser la nature avec une idéologie complètement déconnectée.