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L’office fédéral allemand des statistiques vient de publier ses données annuelles sur la population. Près de 21,8 millions de personnes vivant en Allemagne ont une histoire migratoire. Un chiffre en hausse constante depuis vingt ans, qui pose des questions que Berlin préfère soigneusement esquiver.
Les chiffres sont officiels, ils viennent de Destatis — l’institut fédéral allemand de la statistique — et ils méritent qu’on les regarde en face. En 2025, 26,3 % de la population résidant en Allemagne présente ce que les statisticiens appellent une « histoire migratoire » : soit la personne est elle-même immigrée, soit ses deux parents le sont. C’est un habitant sur quatre. En vingt ans, cette proportion a progressé de dix points de pourcentage, passant de 16 % en 2005 à plus d’un quart de la population aujourd’hui.
Pour donner une idée de l’ampleur du phénomène : en 2005, 13 millions de personnes entraient dans cette catégorie. En 2025, elles sont 21,8 millions. Une augmentation de près de neuf millions de personnes en deux décennies.
Des origines concentrées sur cinq pays
Parmi les 16,4 millions de personnes directement immigrées — c’est-à-dire arrivées elles-mêmes en Allemagne —, près de 40 % sont originaires de cinq pays : Pologne et Turquie en tête avec 1,5 million chacune, suivies par l’Ukraine avec 1,3 million, puis la Russie et la Syrie, autour du million chacune.
La croissance de cette population immigrée a toutefois ralenti en 2025 : elle n’a progressé que de 1,7 % en un an, soit environ 280 000 personnes supplémentaires. C’est nettement moins que les années précédentes, où les hausses annuelles dépassaient régulièrement 6 % — soit près de 900 000 personnes par an entre 2021 et 2024.
À ces immigrés de première génération s’ajoutent 5,4 millions de personnes nées en Allemagne de deux parents eux-mêmes immigrés — la deuxième génération —, en hausse de 3 % sur un an.
Une population jeune, une qualification inégale
Les personnes à histoire migratoire sont en moyenne neuf ans plus jeunes que le reste de la population allemande. Dans la tranche des 25-34 ans, plus d’un tiers présente une telle origine. Chez les plus de 65 ans, ce n’est qu’un sur sept.
C’est sur le plan des qualifications que les données deviennent les plus révélatrices. Parmi les immigrés de première génération âgés de 25 à 34 ans, un tiers dispose d’un diplôme universitaire — un taux proche de la moyenne nationale pour cette tranche d’âge. Jusque-là, le tableau est présentable.
Mais il y a un revers : 36 % de ces mêmes jeunes immigrés n’ont aucune qualification professionnelle reconnue et ne sont ni en emploi ni en formation. C’est plus du double de la moyenne nationale, qui se situe à 17 %. Et si l’on regarde les formations professionnelles — apprentissage, BTS, formation technique —, 46 % des jeunes Allemands de cette tranche d’âge en sont diplômés, contre seulement 27 % chez les immigrés du même âge.
Ce que les chiffres ne disent pas — et ce qu’ils impliquent
Destatis note en passant un élément qui mérite attention : sans l’apport migratoire, la population allemande en résidence principale aurait diminué de près de 480 000 personnes en 2025. Avec lui, elle n’a reculé que de 38 000. L’immigration compense donc — arithmétiquement — le déficit démographique allemand. C’est l’argument classique des partisans d’une politique de portes ouvertes.
Mais les mêmes chiffres montrent aussi qu’un tiers des jeunes immigrés de 25 à 34 ans sont sans qualification et sans formation. Dans un pays dont le modèle économique repose historiquement sur une main-d’œuvre hautement qualifiée et un tissu industriel de précision, ce n’est pas un détail. C’est une contradiction structurelle que les gouvernements successifs ont refusé d’affronter sérieusement.
L’Allemagne a longtemps cru pouvoir gérer l’immigration comme une variable d’ajustement économique — ouvrir le robinet quand la croissance le demande, tenter de le refermer quand la pression sociale devient trop forte. Ces chiffres montrent que la réalité est plus complexe, et que les effets d’une telle politique se mesurent sur des décennies, pas sur des cycles électoraux.
En vingt ans, la physionomie démographique de la première puissance économique d’Europe a changé en profondeur. Le débat sur ce que cela signifie pour la cohésion sociale, l’identité nationale et les équilibres à venir reste, en Allemagne comme ailleurs, largement confisqué par des postures idéologiques des deux côtés.
Les chiffres, eux, sont là. Froids, précis, et têtus.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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3 réponses à “Allemagne : un habitant sur quatre issu de l’immigration — les chiffres qui font débat”
Quand on importe le tiers-Monde on le devient
La natalité et mieux la fécondité allemande était en berne depuis plusieurs décennies. A terme, il n’y aura plus guère d’Allemands « de souche » d’ici peu. Comme disait l’AfD : « Des enfants ? Faisons-les nous-mêmes ». Mais c’est évidemment passé pour un slogan « fasciste »
Imaginez l’Allemagne, la France, l’Europe dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans…. Question : « Quel sera le sort réservé aux autochtones de souche chrétienne quand ils deviendront minoritaires sur les terres de leurs ancêtres ? » d’après récit romantique époustouflant, lucide et réaliste « les corps indécents ». Espérons que cela soit pour le meilleur et non pas pour le pire