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À la veille des élections au Parlement écossais, prévues le 7 mai, le débat migratoire s’est invité au cœur de la campagne. Il révèle une fracture de plus en plus nette entre le discours des élites indépendantistes et l’état réel de l’opinion. Sur la BBC, le ministre SNP Mairi McAllan a estimé que « trop peu » de migrants arrivaient en Écosse, et que l’immigration était « bonne et nécessaire » pour l’économie écossaise. Une position assumée au nom des besoins de main-d’œuvre dans l’hôtellerie, la santé, les services sociaux ou les entreprises.
Cette ligne pro-immigration s’inscrit dans la stratégie plus générale du SNP, qui tente de faire de Reform UK et de Nigel Farage le repoussoir de la campagne. John Swinney a ainsi appelé les Écossais à « arrêter Nigel Farage à la frontière », affirmant qu’un vote en faveur du SNP serait le meilleur moyen d’empêcher Reform UK d’accéder au pouvoir à Holyrood. Mais cette rhétorique révèle surtout une contradiction : le parti nationaliste écossais veut fermer symboliquement la porte à Farage, tout en plaidant pour l’arrivée de davantage de migrants.
En décalage avec l’opinion
Les électeurs, eux, semblent beaucoup moins enthousiastes. Selon un sondage Ipsos réalisé en ligne du 6 au 16 mars 2026 auprès de 1 027 adultes résidant en Écosse, 55 % des personnes interrogées jugent que le niveau d’immigration en Écosse est soit « beaucoup trop élevé » ou « un peu trop élevé ». Seuls 11 % l’estiment trop faible. Plus encore, 66 % des Écossais considèrent que le nombre total d’immigrants au Royaume-Uni est trop élevé.
Ces chiffres nuancent fortement l’image d’une Écosse largement favorable à l’ouverture migratoire, volontiers mise en avant par le SNP et ses alliés. Ils traduisent plutôt une opposition majoritaire au niveau actuel d’immigration, y compris dans un pays politiquement marqué à gauche et longtemps présenté comme plus accueillant que l’Angleterre conservatrice.
Logement, services publics, inquiétude populaire
Le logement concentre une partie de cette inquiétude. Mairi McAllan reconnaît une pression sur le marché, mais refuse de la relier à l’immigration, préférant invoquer le ralentissement de la construction et la conjoncture économique. Thomas Kerr, de Reform UK, affirme au contraire que le système du logement est au bord de la rupture, notamment à Glasgow.
Là encore, l’opinion semble trancher plus durement que les responsables politiques traditionnels. D’après Ipsos, 57 % des Écossais estiment que les immigrés ont un impact négatif sur la disponibilité des logements. Des avis négatifs dominent aussi concernant le NHS, les services publics, la criminalité et les écoles. Dans ce contexte, l’installation de Reform UK dans le débat écossais n’a rien d’un accident : elle prospère sur une inquiétude populaire que les partis établis peinent désormais à contenir.
Crédit photo : DR (photo d’illustration)
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Une réponse à “Immigration : le SNP à contre-courant d’une majorité d’Écossais”
Comment peut on vouloir préserver l’identité d’une nation et promouvoir une immigration incontrôlée ? C’est un non sens absolu, pas seulement en Écosse.