Depuis la Seconde Guerre mondiale, la figure du Juif a été un symbole de consensus de la bien-pensance à gauche. Tous les gauchistes se sont cherché, à un moment ou à un autre, un ancêtre juif, comme ils se sont cherchés un arrière-tonton résistant, condition qui semblait donner à l’heureux descendant le droit de ramener sa gueule sur tout et n’importe quoi.
Car depuis le 8 mai 1945, le débat politique ne se vit qu’à travers le résultat de la Seconde Guerre mondiale. Le méchant est le nazi, en cela nous serons d’accord. Mais ce super-méchant absout bizarrement tous les autres de leurs éventuels péchés. Les communistes ? 100 millions de morts sur un siècle, mais cela n’a absolument rien de comparable à « Auschwitz ». Dans tous les pays du monde, il existe au moins un parti communiste alors qu’à part dans le Michigan, où le folklorique « New Order » ou Parti nazi américain est enregistré, avec croix gammées et apologie d’Hitler, aucun pays au monde ne tolère de parti officiellement nazi. Et c’est tant mieux !
Or, comme la principale cible de la haine hitlérienne a été les Juifs (alors que les communistes ont été plus diversifiés dans le génocide), ceux-ci sont devenus, pour des décennies, la référence absolue en matière de victimes. Dans une deuxième partie du XXe siècle qui a justement glorifié le statut de victime, avec turbo-accélération au XXIe siècle, la victime est tout, est too much, et tout le monde veut être victime de quelque chose.
Avec la Shoah, les Juifs ont donc bénéficié, dans le monde occidental du moins, d’un totem d’immunité pendant 80 ans. Et Israël a pu, toujours dans le monde occidental uniquement, bénéficier pendant longtemps des retombées de ce totem d’immunité.
Pendant que la gauche se cherchait désespérément des origines juives pour être du bon côté de la souffrance — nous l’avons dit —, à la droite de la droite a longtemps existé un antisémitisme chronique. Comme une maladie qui n’en finit pas et qu’on finit par avoir par habitude. Les Juifs étaient censés contrôler le monde « grâce à leur argent » et à leur poids dans les médias, mais également être souvent ancrés à gauche. Mais dans une gauche cosmopolite et anti-nationale, « mondialiste ». L’alliance de la Banque, de la Télévision et de la Ligue communiste révolutionnaire, en gros. Schéma dans lequel s’imbriquait, de surcroît, pour certains secteurs de l’extrême droite, une sympathie pour les Palestiniens, même les plus barbus.
Un seul exemple : lors d’un rassemblement nationaliste français, j’ai un jour eu la surprise de dîner à côté d’un militant, crâne rasé, skinhead, portant un tee-shirt… du Hezbollah !
À droite, on parlait même alors de « rente mémorielle » en parlant du totem d’immunité issu de la Seconde Guerre mondiale. Les Juifs étaient considérés comme intouchables grâce aux 6 millions de morts de la Shoah.
Rente mémorielle ? Oui, sûrement un peu. Voire beaucoup. Et alors ? Qu’aurions-nous fait, nous Bretons, si toute la population bretonne du Centre-Bretagne avait été exterminée entre 1939 et 1945 ? Eh bien nous aurions bénéficié du même totem et nous en aurions usé et abusé de la même manière. Le Parti communiste français et ses prétendus « 75 000 fusillés » (selon les historiens, il y aurait eu en tout et pour tout 4 000 fusillés — dont beaucoup de communistes, il est vrai — pendant l’Occupation) a fait jouer les mêmes mécanismes depuis 1945, malgré sa bienveillance envers l’occupant allemand jusqu’au printemps 1941.
Et puis arriva le 7 octobre 2023.
L’attaque du Hamas contre les implantations israéliennes bordant Gaza et les massacres qui en ont résulté.
Les Israéliens et les Juifs du monde entier ont découvert à ce moment-là que : 1/ le Hamas ne ronronnait pas tranquillement au fond de la kasbah en gérant son petit califat gazaoui, mais préparait son coup depuis des années ; 2/ le « palestinisme » avait désormais gagné toutes les gauches occidentales et que le totem d’immunité issu de la Seconde Guerre mondiale était « caduc », pour reprendre un mot de circonstance.
Parce que les Juifs occidentaux et, dans une moindre mesure, les Israéliens pensaient que les schémas issus de 1945 allaient encore durer un siècle ou deux, alors qu’ils pariaient sur le fait que la bienveillance de la gauche leur était acquise a vitam aeternam, se persuadant que la seule menace qui planait sur eux était une éventuelle résurgence du nazisme qui viendrait immanquablement de l’extrême droite, ils ont découvert que l’antisémitisme avait changé de camp. Qu’il était désormais une « coolitude » de gauche.
Parce que, lentement, subrepticement, la figure de la victime n’a plus été le « Juif », « les camps », « Auschwitz », mais « l’immigré », « le descendant d’esclave », « le rebeu de cité », le « musulman » et, par extension, « le Palestinien », « Gaza ».
Ce basculement a d’ailleurs été l’occasion, depuis le 7 octobre, de mesurer la pertinence du mythe des Juifs qui contrôlent « les médias », la finance, le monde des idées, etc. Il n’y a qu’à lire Le Monde, Libération, Le Monde diplomatique ou écouter LCI, France Info, France Inter et compagnie pour comprendre que le fameux « lobby » ne contrôle rien du tout. Aux USA peut-être, et encore ! En Europe, en tout cas, ce « lobby juif » protecteur de ses intérêts et d’Israël n’existe plus, si tant est qu’il ait vraiment existé et été efficient un jour.
Car, depuis le début des années 2000, les Juifs ont oublié trois choses :
- Quoi qu’ils fassent, ils sont automatiquement associés à Israël. Or Israël cogne sur des musulmans qui sont les heureux nouveaux bénéficiaires du « totem » pour les gauchistes occidentaux.
- Les Israéliens sont ultra-majoritairement des Blancs. Vous vous promenez dans une rue de Tel-Aviv, vous avez plus l’impression d’être en Europe que si vous vous promenez dans les rues de Paris ou de Londres.
- Les Israéliens sont forts et, par conséquent, ont perdu leur statut de victimes. Grâce à leur armée, grâce au Mossad, grâce à leur savoir-faire. Si les Israéliens avaient eu l’extrême courtoisie de se faire génocider une seconde fois le 7 octobre, ils auraient éventuellement pu bénéficier d’une vague de sympathie dans la gauche occidentale. Mais Tsahal a riposté et les gauchistes ont une mentalité de dames patronnesses. Ils n’aiment que ceux qu’ils peuvent paternellement avoir l’impression de sauver.
Blancs + forts + anti-musulmans = salauds dans la tête d’un gauchiste, que vous soyez juif ou chrétien.
Et là, tout l’antisémitisme et les pires clichés qu’on croyait réservés aux pages de certains vieux canards ont ressurgi, mais… à gauche ! Lisez les publications de la gauche actuelle, allez dans une manifestation pro-Palestine : c’est totalement effarant. On se croirait revenu dans un meeting secret du PNFE dans les années 1980 !
Les Juifs et Israël n’ont absolument pas vu venir l’ampleur du décolonialisme et de tout ce qui va avec. Il y a eu Dieudonné, bien sûr, mais il était encore associé à la « vieille extrême droite », le vieil antisémitisme à la Drumont revisité Cameroun. Dieudonné et son obsession de la traite des Noirs alors qu’il est d’origine camerounaise et bretonne et qu’il ne doit pas avoir un seul esclave dans sa généalogie. Un peu comme si les Bretons nourrissaient une haine des Anglais pour la Grande Famine en Irlande. Totalement tiré par les cheveux, mais Dieudonné y aura trouvé de quoi alimenter sa petite entreprise. « L’esclavage » : une nouvelle rente mémorielle, semblable à celle qu’il dénonce, par ailleurs, pour les Juifs justement. Malin, malin, le M’Bala M’Bala !
Mais Dieudonné n’était que le baobab qui masquait la forêt antisémite rebaptisée « antisioniste ». Le palestinisme avait infusé la gauche pendant des décennies ; il a explosé au moment du 7 octobre. Pourquoi la Palestine ? Ça aurait largement pu être la Nouvelle-Calédonie ou les Kurdes (qui ont connu une petite notoriété durant l’éphémère « Rojava »), les Mapuches du Chili, les Karens de Birmanie ou même une guérilla congolaise quelconque, mais ça a été la Palestine et les Palestiniens. Car ceux-ci avaient plusieurs cartouches à leur kalachnikov : 1/ ils plaisent à la rue arabe et, par ricochet, à la rue arabe de nos « quartchiers ». Or les gauchistes sont fascinés par ces populations musulmanes installées en Europe et se mirent littéralement en elles ; 2/ ils sont blancs ; 3/ ils sont forts ; 4/ ils ont réussi.
En effet, les Juifs ont progressivement acheté puis conquis 22 000 km² de terres de l’ancien Empire ottoman. Les populations arabes (rebaptisées « Palestiniens ») expulsées de ces terres depuis 1948 ont fait exactement la même chose dans les pays voisins (Syrie, Jordanie et surtout Liban) en colonisant, de fait, des pans entiers de territoire, notamment au Liban. Mais là encore, ils ont eu le bon goût de rester des damnés de la terre, des « victimes », vivant dans des camps et n’ayant pas la nationalité des États où ils se sont installés. Si les Israéliens avaient eu le bon goût de vivoter dans des camps de toile depuis 1948, avec envoi régulier d’aide internationale, s’ils n’avaient pas construit un État, une démocratie, des institutions stables, une armée, ils auraient toujours ce statut de victimes et la sympathie de la gauche occidentale qui va avec.
Le même schéma aurait d’ailleurs pu se dérouler pour les Boers d’Afrique du Sud. Ils ont eu le malheur de construire un État stable et prospère après deux guerres meurtrières contre les Anglais qui ont failli les faire disparaître de la surface de l’Afrique. Suprême péché pour la gauche, qui aime tellement les pauvres et les damnés de la terre qu’elle en aura produit en quantité industrielle sous le communisme.
Il faut donc reconnaître ce talent aux Palestiniens : avoir réussi à devenir cool à Rennes 2, à représenter la figure ultime de la victime magnifique en ayant tué des civils et violé des femmes (souvent sympathisantes de la cause palestinienne, de surcroît) israéliennes le 7 octobre. Beau tour de force et bravo au responsable « relations publiques » du Hamas !
Or les Juifs occidentaux et les Israéliens n’étaient aucunement préparés à cela.
On connaît la blague courant sur la Ligue communiste révolutionnaire (ancêtre des NPA actuels) : « Pourquoi les bureaux politiques de la Ligue ne se déroulent-ils pas en yiddish ? Parce qu’il y a Bensaïd », Daniel Bensaïd étant un Juif algérien. Cette blague rapportée par Annie Kriegel montrait bien à quel point l’extrême gauche française et, plus largement, occidentale était liée au monde ashkénaze, donc au cœur de la Shoah, après la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, les différents NPA sont le pire du pire de l’ultra-pire de l’islamo-gauchisme. Fascinés par l’immigré, le « musulman », le Palestinien, etc., et vouant, par conséquent, Israël — rebaptisé « entité sioniste » — et les « sionistes » aux flammes de l’enfer.
Ce basculement est le reflet du basculement de la gauche et, particulièrement, de l’extrême gauche occidentale qui vendrait sa mère et l’ensemble de sa généalogie pour une lointaine origine arabe, notamment algérienne, devenue le must de l’ultra-cool. Un soupçon d’origine palestinienne en plus et voilà Chloë, étudiante en sociologie du genre à Rennes, devenue l’héroïne ultime de ses « copaines » !
Partant, le Juif occidental de gauche, « libéral », héritier de la Haskala des XVIIIe et XIXe siècles, se retrouve Gros-Jean comme devant. Certains épousent la cause palestinienne, sans comprendre que cela ne les absoudra pas du massacre à venir, car toujours blancs et toujours juifs. D’autres ne savent plus où ils en sont. Tous leurs repères se sont effondrés. Ils ont épousé tous les combats de la gauche depuis 1945, ils se retrouvent désormais dans le viseur de l’islamo-gauchisme. Ils étaient universalistes ? La gauche a désormais viré racialiste et ils ne sont plus du bon côté de la race ! Ils détestaient « l’extrême droite » et avaient érigé le FN en diable absolu ? Le RN et une bonne partie de l’extrême droite ont désormais viré philosémites et même pro-sionistes !
Aujourd’hui, l’arrivée au pouvoir de LFI constituerait, pour les Juifs de France, le signal qu’il est préférable de faire sa valise. A contrario, l’arrivée au pouvoir du RN leur donnerait une sécurité certaine.
De quoi faire tourner dingue une bonne partie du CRIF !
Jean Pierre Trédia
Rappel : une tribune libre ne reflète pas la ligne éditoriale de la rédaction de Breizh-info.com mais a vocation à susciter le débat.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
Breizh-info.com, 2026, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention obligatoire et de lien do follow vers la source d’origine.
10 réponses à “Le jour où il n’a plus été « gauchistement cool » d’être juif [L’Agora]”
Bonjour,
L’image de la victime juive s’est construite progressivement en france. Regardez simplement les dates des procès Touvier et Barbie. Le devoir de mémoire juif s’est imposé face au pardon catholique dans les années 90. Depuis, la rente s’est étiolée. Le devoir de mémoire s’est affronté à la réalité présente, retour à la violence forcé d’une société déchristianisée.
Cdt.
M.D
Intéressant! L’IA n’est pas douée en orthographe…
Il faudrait juste rappeler qu’en France, les Juifs ont été les premiers à constater le menace de l’islamisme : certains sont partis en Israel, les autres votent LR/RN/R! depuis longtemps, et les rares gauchistes juifs ont oublié ce que cela voulait dire.
Donc, heureusement pour nous que les Juifs se soient réveillés avant nous.
Et petit détail qui fera hérisser mes amis feujs : ce n’est pas parce que le CRIF (qui ne représente rien) est une gauchisterie qui joue de la rente mémorielle que les Juifs aussi.
Et tant qu’à corriger les détails, les Arabes se sont expulsés eux-mêmes en 48.
Merci d’avoir remis la balle au centre, en particulier l’invasion du Liban à majorité chrétienne avec le Hezbollah : ainsi finit la Suisse du moyen orient. Cette gauche qui vit de son rôle toujours ennobli d' »aidant », soutien des opprimés tant qu’ils lui donnent la majorité et le pouvoir et l’argent: fini les ouvriers, fini les juifs, fini les communistes Russes, vive les immigrés musulmans. Les rejetés se retrouvent au RN traditionnellement accusés d’antisémitisme par cette même gauche. Et comme, quoiqu’on en dise, la communauté juive a su se placer dans le monde politique autant que dans le monde médiatique, on assiste à un basculement historique des forces. Ainsi, le conflit Israelo-Palestinien phagocyte désormais la politique française. La finance contre le pétrole…C’est vrai pour toute l’Europe!
Excellente analyse !
L’assimilation anti-sionisme = antisémitisme est abusive. D’ailleurs de quel sionisme est-il question ? On peut penser tout ce qu’on veut, il n’en reste pas moins que les Palestiniens des Territoires ont des droits et qu’ils sont victimes de la colonisation même pas rampante des Juifs ultra-orthodoxes, qui ne valent pas mieux que les extrémistes du Hamas, et des conditions de vie impossibles qui leur sont infligées. Tant que ce problème ne sera pas abordé de face, il n’y aura pas de paix durable au Proche-Orient et il y aura des répercussions indirectes dans le monde en général et en France en particulier.
L’IA n’est pas douée en orthographe, ni en grammaire ! Pourquoi avoir laissé tomber les personnes qui relisaient les textes ? Ce serait plus sûr !
Début 1800, il y avait à Paris 4000 juifs, fin 1800 il y en avait 40000, tous plus ou moins originaires d’Alsace avec des ramifications en Allemagne, d’ou l’affaire Dreyfus, entre temps, ils avaient, au travers de leurs réseaux franc-maçon, mis la main sur la finance, l’édition, la presse, la culture (déjà, Offenbach par ex), et l’industrie et la production de notre armement. En 1870, Gambetta, lui-même un des leurs, ainsi que Crémieux (origine de nos problèmes algeriens) mettaient en place la République et ses fondements purement franc-maçon…Le grand remplacement eut lieu donc, en premier lieu par et avec des élites financières de cette communauté (ils étaient quasiment absents sous les monarchies), après la révolution française (financée par qui ?), et au plus fort de la revolution industrielle inspirée d’Angleterre, lieu de naissance de la franc-maçonnerie, et de l’Allemagne, ou cette communauté y était, à l’époque, fort appréciée pour ses investissements dans l’économie de ce pays. Il y eut ensuite la deuxième guerre mondiale avec les exactions qui s’y produisirent, mais, cette communauté se ressaisit rapidement, grâce à sa finance, à ses réseaux et à l’instrumentalisation savamment orchestrée de la Shoah (qui vit la création de l’état d’Israël), préparant ensuite le second grand remplacement, musulman, pour remplacer les chrétiens, leurs ennemis héréditaires, avec un flop palestinien qui changea soudainement la distribution des cartes.
Plaisanterie des années 30: Jacob revient de chez Trumpette après 20 ans d’absence et débarque au Havre (Philippe n’est pas encore là), ses frères avec des barbes tombant à terre l’accueillent! « Mais à quelle secte appartenez-vous? » « Aucune Jacob mais tu es parti avec le rasoir de la famille »! Plus récemment après force canons et gueuleton de porc. « Comment faire la différence entre un rabbin et un curé pour répartir le produit de la quête? Eh bien le curé prend sa fiche de répartition communiquée par l’Evêché et le rabbin… »Je lance tout en l’air ce qui reste en haut c’est pour Dieu et tout ce qui retombe c’est pour moi! » Souvenir de la salle humide. Lorsque je cite Rockfeller, Totschild et Lazare and Co qui gouverne l’Europe…mais il faut rester discret…le dernier témoin de l’affaire Boulin a rendu l’âme. Comme beaucoup d’autres en république.
C’est fou le bidouillage informatique…crocs blancs avait 8 pouces en HAUT à 18h et 0 à 20h!!! Encore un coup de l’IA qui pondère!!!