Depuis le château de Comper, sur les rives du lac de la fée Viviane et au cœur de la forêt légendaire de Brocéliande, le Centre de l’Imaginaire Arthurien poursuit son travail patient de transmission du patrimoine breton et arthurien. Fondé en 1988, ce centre culturel propose chaque année, d’avril à novembre, une saison culturelle dense : parcours scénographique sur les pas du roi Arthur, des fées de l’Autre Monde et de l’enchanteur Merlin, mais aussi spectacles, ateliers, jeux de rôle, conférences, expositions temporaires, fête médiévale et festival. Cette saison 2026 s’accompagne d’un nouveau projet éditorial pour lequel l’association lance une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule : Souveraines et Magiciennes, signé Claudine Glot, présidente d’honneur du Centre et autrice spécialisée dans la matière de Bretagne.
Quatre figures féminines au cœur de la légende
Le nouveau livre s’inscrit dans une collection initiée en 2025 avec La Légende Arthurienne, ouvrage cosigné par Claudine Glot et Marc Nagels, qui avait connu un succès appréciable lors de sa précédente réédition : la campagne participative avait atteint plus de 200 % de son objectif initial. Forte de ce premier élan, l’autrice poursuit son travail avec un volume consacré à quatre figures féminines majeures de la légende : Morgane, Viviane, Guenièvre et Mélusine.
Quatre héroïnes celtiques et médiévales, à la fois reines, fées, déesses, magiciennes. Toutes habiles dans l’usage du surnaturel, toutes de filiation royale ou divine, toutes traversées de pouvoirs hors du commun. Le livre rassemble des épisodes tirés d’œuvres écrites entre le XIIe et le XVIe siècle pour reconstituer, autour de chaque personnage, un portrait complet et une trame cohérente d’aventures. L’objectif annoncé : éclairer la complexité de ces figures parfois contradictoires, leurs sentiments, leurs énigmes, leur étrangeté assumée — et offrir ainsi un portrait composite de « la femme en ses pouvoirs, ses joies et ses douleurs », selon la formule retenue par l’éditrice.
Une réadaptation contemporaine de la matière médiévale
Le projet revendique une démarche de réécriture moderne, qui ne se contente pas de transmettre la matière médiévale telle quelle mais en propose une lecture accessible au lecteur d’aujourd’hui. La démarche n’est pas isolée : depuis plusieurs années, la matière de Bretagne — c’est-à-dire le cycle arthurien tel qu’il s’est constitué à partir du XIIe siècle, notamment sous la plume de Chrétien de Troyes — fait l’objet d’un retour en grâce dans l’édition francophone, à la faveur d’un regain d’intérêt pour les racines celtiques et bretonnes de notre culture.
L’angle choisi par Claudine Glot, qui met en valeur les figures féminines, s’inscrit dans une tendance récente à revisiter les grandes légendes occidentales en faisant droit aux personnages féminins longtemps relégués au second plan dans les transmissions populaires. Morgane, sœur d’Arthur et magicienne ambivalente ; Viviane, dame du lac et amante de Merlin ; Guenièvre, reine du royaume de Logres ; Mélusine, fée bâtisseuse des grandes lignées seigneuriales du Poitou et de l’ouest du royaume de France : chacune incarne, à sa manière, un visage de la souveraineté féminine au Moyen Âge, dans une matière narrative dont les sources puisent à la fois dans le fond celtique pré-chrétien et dans les réécritures cléricales et courtoises ultérieures.
Un budget modeste, une campagne nécessaire
Le Centre arthurien expose franchement les chiffres de son opération. L’édition d’un volume de 240 pages, tiré à 1 000 exemplaires, représente un coût de 2 800 euros. À cela s’ajoutent environ 2 000 euros de frais artistiques — la rémunération de l’illustratrice Tiffanie Uldry, de l’Atelier Thyonesca, en représente la part principale — et 300 euros pour la production des contreparties offertes aux contributeurs. Soit un total de dépenses d’environ 5 100 euros.
Côté recettes, l’association vise 4 000 euros via la plateforme Ulule, complétés par une participation propre du Centre arthurien à hauteur de 800 euros et 300 euros de mécénat. La structure financière est donc claire : sans le financement participatif, l’ouvrage ne verra pas le jour. Le livre sera ensuite proposé dès cet été à la librairie du château de Comper et distribué partout en France.
Soutenir une initiative culturelle bretonne enracinée
L’opération vaut d’être soulignée pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’elle illustre la vitalité d’un centre culturel implanté en pleine forêt de Paimpont — la Brocéliande de la tradition arthurienne — qui poursuit, sans subventions massives ni adossement à un grand groupe d’édition, un travail patient de transmission du patrimoine breton. Ensuite parce que l’autrice, Claudine Glot, est l’une des spécialistes les plus reconnues de la matière arthurienne en langue française, et que son engagement de longue date au service de Brocéliande mérite d’être soutenu.
Enfin parce que l’enjeu culturel dépasse la seule curiosité légendaire. La Bretagne possède, dans son sous-sol mythologique, l’un des fonds narratifs les plus riches de l’Europe occidentale. Le préserver, le transmettre, le renouveler à travers des éditions accessibles et soignées : c’est aussi participer à la défense d’une identité régionale dont les racines plongent bien au-delà du folklore touristique. Ceux qui souhaitent contribuer peuvent le faire directement via la plateforme Ulule, où la campagne du Centre arthurien est ouverte aux pré-achats et aux dons. Une nouvelle pierre, modeste mais nécessaire, à l’édifice arthurien que la forêt de Brocéliande continue d’abriter à l’orée du XXIe siècle.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Morgane, Viviane, Guenièvre, Mélusine : le Centre arthurien lance une campagne Ulule pour le nouveau livre de Claudine Glot”
Mais pourquoi ne pas passer par Grasset maintenant que cette « institution » s’ouvre à la diversité ?
Le monde celtique a une autre vision de la femme aux antipodes du monde sémite où la femme est esclave ou mère en fait les deux, sous peine d’être lapidée il fallait avoir plusieurs enfants et surtout pas un fils unique! IL est grand temps d’en finir avec les élucubrations bêlantes autour du fils unique débité en tranchettes de pain azyme!