Une évaluation universitaire commandée par la police du Hampshire révèle que près d’un agent sur six se sentait « contrôlé et sous pression » lors des formations obligatoires à la diversité. Pendant ce temps, le directeur de la police refuse de reconnaître l’existence d’une police à deux vitesses et minimise le scandale.
Des formations qui mettaient les agents sous pression
C’est un document interne qui vient donner du crédit à ce que beaucoup affirmaient sans pouvoir le prouver. La police du Hampshire avait commandé à l’université de Reading une évaluation de son programme de formation obligatoire — suivi par 6 250 agents et personnels — consacré à la diversité et à l’inclusion. Les résultats, révélés par leTelegraph, sont éloquents.
Parmi les plus de 2 500 personnels interrogés, 15,5 % déclaraient s’être sentis « contrôlés et sous pression d’être d’une certaine façon » durant les sessions. Près de 14,3 % estimaient que « si j’avais fait une erreur, on me l’aurait reproché ». Près d’un agent sur cinq — 19,8 % — affirmait « avoir eu le sentiment que j’aurais été rejeté si j’avais dit la mauvaise chose ».
L’université note dans son rapport que « certains participants avaient le sentiment de ne pas pouvoir exprimer librement leurs opinions », et préconise que ceux « n’ayant pas bien répondu à la formation bénéficient d’un suivi, d’une surveillance ou d’un accompagnement ». Autrement dit : ceux qui résistaient au conditionnement devaient être identifiés et pris en charge.
Le programme couvrait le racisme, les biais inconscients, le concept de « privilège » et ce qu’il convenait d’appeler « l’importance d’être un allié » — vocabulaire directement issu de l’idéologie antiraciste institutionnelle importée du monde anglo-saxon.
Le directeur de la police : ni démission, ni remise en question
Face à ce tableau, Alexis Boon, directeur de la police du Hampshire et de l’île de Wight, a pris la parole pour la première fois depuis la diffusion des images des caméras-piétons montrant Henry Nowak menotté agonisant. Sa réponse a sidéré une partie de l’opinion britannique.
Il a refusé de démissionner. Il a refusé de reconnaître l’existence d’une police à deux vitesses — « je n’accepte pas ce terme, je ne le reconnais pas ». Il a estimé que sa force avait fait l’objet de critiques « injustes » et qu’une « fureur » avait été « attisée » autour du meurtre du jeune homme. Il a bien présenté des excuses pour le menottage d’Henry Nowak, mais a immédiatement ajouté que le jeune homme « n’aurait de toute façon pas pu être sauvé » — formule perçue comme une tentative de minimiser la responsabilité institutionnelle de sa force.
Sur la question des formations antiracistes, il s’est contenté d’un haussement d’épaules rhétorique : « Il y a un argument et un récit selon lequel c’est le cas » — sous-entendant que cette explication relevait de la construction narrative plutôt que de la réalité opérationnelle.
La police de Londres allait encore plus loin
Le scandale du Hampshire a par ailleurs conduit à l’examen d’autres documents de politique interne. Il a été révélé que la police métropolitaine de Londres avait fait savoir à ses agents qu’ils ne pouvaient pas être neutres en raison de leur « blancheur ». Son plan d’action antiraciste inclut un document affirmant que la neutralité est un « mythe » et accusant la force d’un « racisme systémique » transmis de génération en génération.
Ce document avait été commandé dans le sillage du mouvement Black Lives Matter, déclenché par la mort de George Floyd aux États-Unis en 2020. Son auteure, Shereen Daniels, consultante en ressources humaines et fondatrice d’une association dédiée à l’inclusion économique de la diaspora africaine, y développe une section entière sur l’impossibilité de la neutralité pour un agent blanc.
« Une idéologie extrémiste qui se dit antiraciste »
Le porte-parole de l’opposition conservatrice sur les questions d’intérieur, Chris Philp, n’a pas usé de circonlocutions : « Les forces de l’ordre et le secteur public ont été infectés par une idéologie extrémiste qui se dit antiraciste. Elle est en réalité raciste elle-même, car elle préconise de traiter les minorités ethniques avec plus de mansuétude. C’est une doctrine divisive et, dans un contexte policier, dangereuse. »
Fait notable : Jack Straw, ancien ministre de l’Intérieur travailliste qui avait supervisé en 1999 l’enquête sur le meurtre de Stephen Lawrence — le rapport à l’origine de toute cette architecture institutionnelle — a lui-même admis auTelegraphqu’il y avait eu une « sur-correction » et que les directives antiracistes étaient allées « trop loin ». Il a reconnu qu’il aurait fallu prêter moins d’attention à « des groupes de pression parfois très vocaux ».
Quand l’un des pères fondateurs du système admet lui-même que le balancier est allé trop loin, il devient difficile de continuer à présenter toute critique comme relevant de la mauvaise foi ou de l’extrémisme.
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