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Le 4 juillet 1776, cinquante-six hommes signaient la Déclaration d’indépendance américaine. Jefferson, Adams, Franklin — leurs noms sont connus de tous. Celui de Carter Braxton l’est beaucoup moins. C’est pourtant l’un des cas les plus révélateurs de cette génération fondatrice : celui d’un homme qui faillit ne pas signer.
Un grand propriétaire virginien peu pressé de rompre avec Londres
Né en 1736 dans l’une des familles les plus puissantes de Virginie, Carter Braxton hérite d’un domaine de plus de 12 000 acres, pratique le négoce maritime et appartient à l’élite plantocratique de la colonie. Il n’est pas un agitateur. Il soutient la résistance aux taxes britanniques imposées après la guerre de Sept Ans, mais considère l’idée d’indépendance totale comme une aventure inconsidérée. En avril 1776 encore, alors qu’il siège comme délégué de Virginie au Congrès continental de Philadelphie, il estime que la rupture avec la métropole est un leurre dangereux.
Ses réticences sont à la fois idéologiques et personnelles. Il craint qu’une république improvisée sombre rapidement dans la corruption, cite l’exemple des républiques néerlandaise et vénitienne, et doute des capacités militaires des colonies face à l’armée britannique. Son beau-père, receveur général des impôts de la colonie, est par ailleurs un Loyaliste déclaré.
En 1775, lorsque le gouverneur colonial Lord Dunmore fait saisir les réserves de poudre à canon de Williamsburg et les transfère sur un navire de guerre britannique, la tension monte dangereusement en Virginie. Patrick Henry marche sur la capitale coloniale à la tête d’un groupe de patriotes armés. Braxton s’interpose, négocie avec son beau-père et obtient une compensation financière, évitant un affrontement dans les rues de Williamsburg. Modérateur, conciliateur — pas encore révolutionnaire.
Juillet 1776 : le pas est franchi
Pourtant, au début du mois de juillet 1776, Braxton vote en faveur de la Déclaration d’indépendance et appose sa signature au bas du document. Les raisons exactes de ce revirement restent mal documentées. Ce qui est certain, c’est qu’il en assume ensuite pleinement les conséquences : il avance des sommes considérables au profit de la cause américaine, finance des expéditions maritimes, et voit ses activités commerciales ravagées par la guerre. Ses propriétés virginiennes sont endommagées par les troupes britanniques.
À la fin du conflit, sa fortune est en grande partie détruite. Celui qui possédait un des plus grands domaines de Virginie finit par louer un modeste logement à Richmond, où il meurt en 1797 après plusieurs accidents vasculaires.
Le père le plus prolifique des signataires
Braxton fut aussi, sur le plan personnel, le plus prolifique des cinquante-six signataires : dix-huit enfants au total, issus de ses deux mariages. Un détail anecdotique qui dit quelque chose de l’homme — enraciné, dynastique, peu porté par nature vers la table rase révolutionnaire.
Son contemporain Benjamin Rush, lui-même signataire de la Déclaration et médecin de renom, le décrivait comme un homme d’esprit cultivé et de talents respectables. Ce n’est pas le portrait d’un idéaliste enflammé. C’est celui d’un homme qui, après avoir longtemps résisté, choisit son camp — et en paya le prix.
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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