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Il y a quelque chose de touchant et d’agaçant à la fois dans le spectacle d’un champion qui refuse de raccrocher. Cette Coupe du monde à 48, par sa première journée, vient de poser la question sans détour : à quel moment la légende cesse-t-elle de porter son équipe pour commencer à la lester ? Mercredi soir, deux quadragénaires en sursis ont apporté un début de réponse. Et elle n’est pas tendre.
Modric, le sublime et le penalty
Commençons par le crime, parce qu’il est cruel. À Houston, c’est Luka Modric, 40 ans, ballon d’or 2018, monument vivant, qui offre le penalty du match à l’Angleterre. Un dégagement en retard sur Noni Madueke, et voilà Harry Kane lancé pour ouvrir le score, puis signer un doublé qui l’installe au panthéon des buteurs anglais en sélection. La Croatie s’inclinera 4-2 au terme d’une rencontre haletante, dans laquelle elle aura pourtant montré tout ce qu’elle sait encore faire : deux buts construits avec un sens du collectif et une qualité technique que peu d’équipes possèdent, la patte d’une école qui a fait deux finales et demi-finales mondiales en une décennie.
Mais c’est précisément le problème. Cette Croatie-là ressemble furieusement à celle de l’après-98 : une génération dorée qui a brillé, et qui s’apprête à payer l’addition. Quand le métronome a 40 ans et qu’il commet la faute qui lance l’adversaire, quand les automatismes sublimes ne suffisent plus à compenser la lenteur, c’est tout un cycle qui se referme. Dalic le sait sans doute : derrière Modric, le vide. Et des années de disette qui s’annoncent, le temps qu’une nouvelle fournée pousse.
Ronaldo, la caricature de lui-même
Plus tôt dans la soirée, à Houston également, l’autre papi du foot mondial livrait sa propre démonstration par l’absurde. Sixième Coupe du monde pour Cristiano Ronaldo, 41 ans, et un Portugal qui ouvre le score dès la 6e minute par Joao Neves avant de s’endormir sur sa domination — 75 % de possession et pas l’ombre d’un danger créé. La RD Congo égalise sur corner, Diogo Costa planté sur sa ligne, et la Seleçao repart de Houston avec un nul (1-1) qui ressemble à un avertissement.
Le pire, c’est que CR7 a bien eu ses deux occasions, servi sur un plateau par Francisco Conceiçao après la pause. Il n’a pas trouvé le cadre. Voilà résumé le dilemme portugais : une équipe organisée autour d’un homme qui ne marque plus quand il faut, là où la même équipe, libérée, jouerait sans doute plus vite et plus vertical. La RD Congo de Sébastien Desabre, elle, donnait au moins l’impression de savoir où elle allait. On n’en dira pas autant d’un Portugal prisonnier de son totem.
Le verdict est le même pour les deux
Qu’on s’entende : personne ne conteste ce que Modric et Ronaldo ont apporté au jeu. Mais une sélection nationale n’est pas un musée, et la place qu’occupe un quadragénaire finissant est une place que ne prend pas un jeune. Chaque minute donnée au sentiment est une minute volée à la construction. Les deux hommes pénalisent désormais leurs équipes plus qu’ils ne les servent, et le courage, le vrai, serait de tirer leur révérence pour laisser la lumière aux suivants. Le foot est ingrat : il faut savoir partir une saison trop tôt plutôt qu’une saison trop tard.
Colombie et Ghana : la victoire sans le panache
Pour le reste, cette première journée a surtout confirmé que gagner ne suffit pas à convaincre. La Colombie a fait le travail contre l’Ouzbékistan (3-1), privant les Loups Blancs de Fabio Cannavaro du premier point de leur histoire en Coupe du monde. Munoz, Diaz puis Campaz dans le temps additionnel : le score est net, la manière beaucoup moins. Dominatrice mais rarement emballante, la sélection des Cafeteros prend la tête du groupe K sans rassurer personne.
Même registre pour le Ghana, vainqueur volé du Panama (1-0) sur un but de Caleb Yirenkyi dans les arrêts de jeu. Très décevants, les Black Stars ont été bousculés d’entrée par des Panaméens qui méritaient mieux qu’une défaite cruelle sur le fil. On attend toujours Antoine Semenyo, la star annoncée, à un niveau digne de ce nom. Queiroz a pris les trois points, l’essentiel, mais le contenu laisse craindre le pire avant d’affronter l’Angleterre et la Croatie.
La leçon de la première journée
Au fond, cette ouverture raconte une même histoire sous plusieurs visages : celui des fins de cycle qu’on refuse de regarder en face. La Croatie qui s’accroche à Modric comme elle s’accrochait à ses gloires de 98, le Portugal qui sacralise Ronaldo au lieu de jouer, et ces équipes qui s’imposent sans jamais emballer. Le foot avance vite, et il n’attend pas les nostalgiques. Les papis ont eu leur heure, magnifique. Reste à savoir s’ils auront la grandeur de la laisser passer.
Crédit photo : DR
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2 réponses à “Mondial 2026 : Modric et Ronaldo, la tournée d’adieu de trop, pendant que Colombie et Ghana gagnent sans convaincre”
Bonjour,
Les joueurs du circuit n’ont aucun intérêt à s’engager dans une coupe du monde, alors on en est arrivé à rappeler les personnes âgées ?
Je ne regarde plus cette comédie.
Cdt.
M.D
PS : Roger Milla a brillé à une autre époque en coupe du monde. Il avait la quarantaine. Mais on le réservait aux fins de match. Je ne crois pas qu’il buvait que des citronnades… Faire partie d’une équipe nationale avait encore un sens, avant. Les grandes équipes semblent de plus en plus déstabilisées par les petites, non parce que les petites ont le mors au dents, mais parce que les grandes ne veulent plus défendre leur maillot. C’est triste ce sport professionnel.
Votre article n’est pas tendre pour les papys du foot mais vous passez sous silence les 3 buts de Messi avec l’Argentine dont un boulet de canon de 20 m ! On pourrait aussi ne faire jouer les » légendes » qu’une partie du match non ? Quant au pénalty tiré 2 fois pour quelques centimètres….ça se discute….