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Un homme d’affaires irlandais au lourd passé criminel, Cyril McGuinness, surnommé « Dublin Jimmy », vient d’être désigné comme l’un des trois hommes impliqués dans l’attentat de l’IRA qui ravagea le centre de Manchester en 1996. Mort en 2019 avant d’avoir pu être arrêté, il n’aura jamais répondu de ses actes. Une révélation qui intervient au moment où la police vient de clore définitivement l’enquête.
Un rôle présumé « de premier plan »
Selon le Manchester Evening News, la police soupçonnait McGuinness d’avoir joué un rôle direct et opérationnel dans la préparation de l’attentat. Une source proche du dossier affirme que les avocats du parquet britannique estimaient disposer d’une chance sérieuse d’obtenir une condamnation s’il avait pu être inculpé. L’homme, qui aurait fait le déplacement à Manchester le jour même de l’attaque, est mort en 2019 dans un hôpital de la région de Stockport, avant toute arrestation.
L’attentat du 15 juin 1996, perpétré au moyen d’une camionnette piégée garée à l’angle de Corporation Street et de Cannon Street, avait fait 220 blessés et causé plus de 700 millions de livres de dégâts. Aucune personne n’a jamais été inculpée. Selon une source citée par le quotidien anglais, quelques minutes après la découverte de l’engin, deux hommes auraient rejoint une Ford Granada conduite par un troisième individu que la police identifie comme étant McGuinness.
La révélation survient alors que, la semaine dernière, à l’approche du trentième anniversaire de l’attentat, les services antiterroristes ont annoncé la clôture définitive de leur enquête. Le Manchester Evening News avait déjà désigné par le passé un autre suspect clé, mais cette première enquête avait été publiée en 1999, un an après l’accord du Vendredi saint qui mit fin à des décennies de conflit en Irlande du Nord. L’absence de toute poursuite à l’époque avait alimenté les soupçons d’une influence politique ayant entravé la recherche de la vérité.
Un profil de criminel professionnel plus que d’idéologue
Né et élevé dans le comté de Dublin, Cyril McGuinness traînait derrière lui des dizaines de condamnations : contrebande, vols, transport illégal de déchets. Un mandat d’arrêt européen de 2008 le décrivait comme un membre actif d’une organisation criminelle irlandaise. S’il était considéré comme un républicain ayant fourni des véhicules à l’IRA provisoire et fréquenté les milieux paramilitaires, il était avant tout un délinquant dont la principale motivation était l’argent. Plus troublant encore, il aurait également été soupçonné d’avoir travaillé comme agent pour le renseignement britannique (MI5), tout en étant lié à la pègre.
Son nom était surtout associé à une autre affaire retentissante : l’enlèvement et la torture, en septembre 2019, de l’homme d’affaires Kevin Lunney. McGuinness était présenté comme le cerveau logistique de cette agression sauvage, commanditée par un mystérieux « Paymaster » (le commanditaire-payeur). Il est mort d’une crise cardiaque, à l’âge de 54 ans selon certaines sources, au cours d’une perquisition policière dans sa planque, au moment précis où l’étau se resserrait sur lui. Soupçonné par ailleurs de plus de soixante incendies criminels visant depuis 2011 une entreprise irlandaise, il aura, selon le mot d’un enquêteur, « roulé la justice jusque dans la mort ».
Sa disparition a constitué un revers pour les enquêteurs, qui espéraient remonter, à travers lui, jusqu’au commanditaire de l’affaire Lunney. Trente ans après le souffle qui dévasta le cœur de Manchester, et avec la mort de son principal suspect, l’attentat de 1996 restera vraisemblablement l’un de ces dossiers que l’histoire referme sans jamais les juger.
Crédit photo : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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