Il aurait aimé devenir maire de Nantes. Jean-Marc a préféré installer Johanna Rolland. Il aurait aimé devenir sénateur. Johanna Rolland a préféré privilégier Karine Daniel. Ses bons et loyaux services envers la maison PS ne furent pas récompensés.
Un vieux de la vieille… Un rescapé de l’époque Ayrault… Un dinosaure du Parti socialiste… Un cumulard tous azimuts… Un acteur infatigable de la vie politique nantaise… Un électron libre qui ne tient pas toujours un discours de gauche “politiquement correct“… Un socialiste hostile à la Nupes… Un activiste des réseaux sociaux… Il y a effectivement différentes manières de présenter Pascal Bolo. « En 2026, je serai à la fin de mon troisième mandat d’élu [au conseil municipal] . Si je compte les années de collaborateur et de directeur de cabinet, j’afficherai 29 ans de service en juillet prochain. Même si je fais partie des meubles, on peut considérer qu’on peut arrêter là », racontait-il il y a deux ans (Presse Océan, lundi 11 mars 2024)
On l’a d’abord connu comme collaborateur du cabinet de Jean-Marc Ayrault, puis adjoint aux finances, à la sécurité, premier adjoint, conseiller départemental du 6e canton nantais, suppléant du député François de Rugy (Nantes-Orvault). Mais aussi vice-président de Nantes Métropole, président de la Semitan, vice-président du Sdis (service départemental d’incendie et de secours). Son bâton de maréchal aurait pu s’appeler sénateur mais il n’obtient pas une place éligible sur la liste PS aux sénatoriales de 2023 ; Johanna Rolland a préféré donner la place à sa protégée Karine Daniel. « Ce n’est pas le grand soleil. Je vais lever le pied à la mairie », déclare-t-il (Presse Océan, samedi 15 avril 2023)
Présidentielle de 2027 : Bolo vote Macron
Bolo n’est pas un socialiste “mou“ ; il vide son sac facilement. Quelques exemples : « On a en effet des jeunes de nationalité étrangère en situation irrégulière, non expulsables, qui sont en déshérence en ville. Je ne dis pas immigration égale délinquance. Mais ces jeunes sont pour une part trop importante derrière les agressions », reconnaît-il en renvoyant la balle dans le camp de l’Etat. « L’entrée et le séjour des étrangers en France, c’est de la responsabilité de l’Etat. » (Le Figaro, jeudi 13 octobre 2022) Il connaît la délinquance : « Il ne faut pas être dans le déni : oui, la situation en centre-ville a atteint un niveau de dégradation inacceptable. Tout le monde connaît quelqu’un qui a été agressé, qui s’est fait arracher son collier ou voler son portable, voire pire encore… » (Presse Océan, jeudi 3 septembre 2020) Un “bon“ socialiste ne parlerait pas comme ça…
Lors de l’élection présidentielle de 2017, le candidat officiel du Parti socialiste s’appelle Benoît Hamon. Au soir du premier tour, Bolo avoue : « J’ai fait campagne pour Hamon, mais au dernier moment, j’ai voté pour Macron. » (Ouest-France, Loire-Atlantique, lundi 24 avril 2017) Si Hamon obtient 6,30 % à l’échelon national, il fait mieux à Nantes : 10,98 % – sans l’aide de Bolo.
Un jour d’agacement, il avait eu cette formule vacharde : « Quand Jean-Marc Ayrault était à Paris, il pensait à Nantes. Quand Johanna Rolland est à Nantes, elle pense à Paris. » Au soir du second tour des élections municipales, il explique : « Jean-Marc Ayrault était certes président du groupe PS à l’Assemblée nationale, mais il n’apparaissait pas comme la propriété d’un appareil politique. Ce qui n’est pas le cas de Johanna. Elle est numéro 2 du PS, et circonstances aggravantes selon moi, adjointe d’Olivier Faure. » (Ouest-France, Nantes, mardi 24 mars 2026)
Bolo a échappé à la France « métissée »
Sur les élections municipales à Nantes, Pascal Bolo a évidemment un avis. D’abord « la droite nantaise, avec Foulques Chombart de Lauwe, a fait une remarquable campagne sur le plan technique. » Ensuite la « fusion technique », au second tour, entre Johanna Rolland (PS) et les Insoumis, le conduit à ce commentaire : « Si on m’avait demandé mon avis, j’aurais plutôt plaidé pour un rapprochement avec Mounir Belhamiti au centre et Margot Medkour à gauche. Mais du fait de son attachement aux quartiers populaires, où LFI a réalisé de bons scores, Johanna Rolland a préféré s’allier avec William Aucant. Sur le plan de la stricte arithmétique électorale, ce n’était pas une mauvaise idée. La preuve, c’est que ça a marché. » Sur le plan politique c’est peut-être une erreur : « Disons qu’avec l’entrée de neuf élus LFI au conseil municipal, je ne suis pas sûr qu’on ne le paye pas cher en polémiques et en termes d’image. Notamment sur la position incompréhensible du Parti socialiste, avec des consignes données au niveau national et des accords locaux qui sont allés dans le sens inverse. » (Presse Océan, mercredi 1er avril 2026)
Une chose est certaine : les écolos, qui appartiennent à la majorité de Johanna Rolland, ne peuvent que se réjouir de son départ puisqu’ils ne l’appréciaient guère ; les 15 et 21 mars, Bolo ne figurait pas sur la liste « Pour nous, c’est Nantes ! juste, écologique et solidaire », conduite par Johanna Rolland. Pour « La Gauche unie pour Nantes », « Nantes est indivisible, forte et fière d’être une part de la France, métissée, féministe, inclusive et riche de ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité » (circulaire du premier tour).
Bernard Morvan
Photo : DR
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2 réponses à “Nantes : Pascal Bolo (PS) prend sa retraite par la petite porte”
Que de lourds secrets dans la mémoire de Pascal Bolo ! Puisse-t-il un jour vouloir éclairer la postérité (ou soulager sa conscience) !
Les nantais ont certainement perdu au change, entre un Pascal Bolo et une bobo comme Rolland, qui au nom de « l’humanisme » a fait de Nantes en 12 ans, une cour des miracle et un coupe-gorge, avec son accueil inconditionnel des migrants !