Pays basque. La préfecture déboutée, Bayonne pourra payer en eusko

Publicité

17/01/2018 – 08h00 Bayonne (Breizh-info.com) – La mairie de Bayonne a obtenu gain de cause auprès du tribunal administratif de Pau. Elle pourra ainsi recevoir et effectuer des paiements en eusko, la monnaie locale du Pays basque. Épilogue d’une raideur jacobine dont seule la France a le secret.

Succès de la monnaie basque

L’eusko est une monnaie qui a vu le jour le 31 janvier 2013. Lancé à l’initiative de l’association Euskal Moneta, l’objectif de l’eusko est de favoriser le fonctionnement de l’économie locale. Les habitants du Pays basque peuvent ainsi effectuer leurs achats dans cette monnaie auprès des producteurs et des commerces du territoire. L’argent basque reste chez les Basques.

Une approche nouvelle qui encourage les circuits courts. Par ailleurs, les entreprises, les professions libérales ou encore les services publics locaux peuvent utiliser l’eusko. C’est également un moyen concret d’utiliser et de promouvoir la langue basque. Le taux de change de cette nouvelle monnaie est à parité avec l’euro : un eusko = un euro.

700 professionnels adhérents

L’association Euskal Moneta compte désormais 3 000 adhérents. Dont quelques 700 professionnels. Tous localisés au Pays basque, bien entendu.

À l’heure actuelle, ce sont 350 000 euskos qui sont en circulation sous forme fiduciaire et 406 000 sous forme numérique. De plus, la monnaie permet de générer (LIEN) 3 millions d’euros de chiffre d’affaires par an au Pays basque. Un beau succès pour les locaux. Qui s’est d’ailleurs matérialisé par une hausse de 40 % des euskos en circulation dans l’économie basque en une année.

Mais ce qui est bon pour les Basques ne l’est pas forcément pour la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

Défaite pour la préfecture

Alors que l’eusko a de plus en plus d’adeptes sur ses terres, la municipalité de Bayonne a décidé de s’y mettre elle aussi. C’est pourquoi elle avait délibéré le 19 juillet 2017 afin de pouvoir recevoir et effectuer des paiements en monnaie basque. Une démarche visant à la cohérence avec les acteurs économiques bayonnais et l’identité locale.

Mais cette démarche a froissé la préfecture des Pyrénées-Atlantiques. À tel point que celle-ci, par l’intermédiaire de la sous-préfète de Bayonne Catherine Séguin, avait contesté auprès du tribunal administratif de Pau la délibération du conseil municipal.

Seulement voilà, la requête de Catherine Séguin est désormais caduque. Une ordonnance de non-lieu a été signée par le tribunal en question le 11 janvier dernier. Une erreur juridique de l’État français qui s’est manifestement trompé de cible. Il aurait dû s’en prendre au contrat liant la mairie de Bayonne à l’association Euskal Moneta plutôt qu’à la décision du conseil municipal.

Une belle victoire pour le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray et son équipe municipale. Et un dénouement en forme de clin d’œil : dans sa complexité, le droit français vient parfois tordre le coup à ses défenseurs.

Crédit photo : DR
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Publicité
Cet article vous a plu, intrigué, ou révolté ?

PARTAGEZ L'ARTICLE POUR SOUTENIR BREIZH INFO

Une réponse à “Pays basque. La préfecture déboutée, Bayonne pourra payer en eusko”

  1. Gurvan Kervras dit :

    En bretagne, pendant gouel broadel ar bzg’.. la fête nationale de notre langue
    Bretonne , nous utilisions le Lur’..le skoed’..exemple à répandre pour promouvoir nos productions, nos vies’ localement !
    Dispar !

Publicité

LES DERNIERS ARTICLES

viol

A La Une, International, Justice

Italie : un homme est libéré parce qu’il est « désolé » d’avoir abusé d’une femme et d’une fille de 13 ans

Economie

Loireauxence (44). Budgets insincères, sous-investissement, cantine mal pilotée : le rapport sévère de la chambre régionale des comptes

International

Malouines : Milei annonce des sanctions contre le pétrole britannique et prédit la chute d’un Royaume-Uni « en déclin »

Sociétal

« On m’appelait Colonel » : le récit d’un officier français condamné aux travaux forcés à Madagascar

Economie, Environnement

Nautisme. Ventes de bateaux en baisse mais envie de naviguer intacte : les chiffres de la filière

Rugby, Sport

Top 14. Toulouse vise le quintuplé, Vannes le maintien : ce qu’il faut savoir de la saison 2026-2027 [Le Calendrier complet]

RENNES

Rennes. 7 cambriolages de commerces en 3 semaines : 2 multirécidivistes condamnés à de la prison ferme

Sociétal

Handicap : ce que contient la Conférence nationale du 4 septembre, 16 engagements et 65 mesures

Local, NANTES, Politique

A Nantes, les premiers pas « queero-branchouilles » des élus UDB

Rugby, Sport, VANNES

Top 14. Le RC Vannes lance sa saison à Castres avec l’ossature des champions de Pro D2

ARTICLES EN LIEN OU SIMILAIRES

Politique

Souverainisme : le centralisme ne devient pas plus sympathique en cravate bleu marine

Découvrir l'article

Politique, Tribune libre

L’Etat français écrase le basque au Pays Basque mais favorise les traditions étrangères partout [L’Agora]

Découvrir l'article

A La Une, Culture, Culture & Patrimoine, Histoire, International, Patrimoine

La ville de Bayonne reconnaît le basque et le gascon comme langues officielles

Découvrir l'article

Guérande

Gens du voyage à Guérande : la victoire tactique qui se termine en capitulation

Découvrir l'article

Sociétal, Tribune libre

Pour éteindre un feu en France, remplissez d’abord le formulaire A-38

Découvrir l'article

International

Vitoria, Bilbao, Eibar : des supporteurs de l’Espagne attaqués par des indépendantistes basques

Découvrir l'article

Animaux

Princé (35) : L214 filme un élevage laitier à l’abandon et attaque l’État pour son inaction

Découvrir l'article

International, Politique, Vidéo

Pays Basque : les indépendantistes wokes d’U14 ont manifesté à Espelette

Découvrir l'article

Ensauvagement, Immigration, Justice, Politique

Fréjus (Var) : l’État agit plus vite contre une banderole sur les OQTF… que sur les OQTF

Découvrir l'article

Football, Sport

Mondial 2026. Avant l’Espagne, l’arrogance républicaine et le mythe usé de l’équipe de France « qui rassemble »

Découvrir l'article

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur Breizh Info. Si vous continuez à utiliser le site, nous supposerons que vous êtes d'accord.