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On ne le répétera jamais assez : la guerre des sexes qui empoisonne notre société est sciemment orchestrée. Et cela, parfois même de la part d’institutions gouvernementales. C’est le cas en Italie où un scandale vient d’éclater, l’Institut national de statistique ayant été pris les mains dans le sac… sans que cela ne modifie pour autant ses conclusions.
Une méthode de collecte controversée
Les premières estimations du dernier relevé sur la violence de genre de l’ISTAT (Institut national de statistique italien) livre un tableau très noir de ce que subissent les Italiennes dans leur quotidien. « On estime que 6 788 000 femmes ont subi une quelconque forme de violence physique ou sexuelle : 1 femme sur 3 d’âge compris entre 16 et 70 ans. » À lire ce constat, on pourrait penser que des millions de femmes ont été interrogées, mais il faut bien comprendre la méthodologie employée par le service de statistiques : pour rédiger ce rapport, l’ISTAT a délégué à une société externe, la Csa Research, le soin d’interviewer téléphoniquement un échantillon de 25 000 femmes, puis a projeté les résultats obtenus sur l’ensemble de la population.
Falsification pure et simple
En plus de la controverse inhérente à cette technique de collecte de données, plusieurs médias signalent que bon nombre des opératrices chargées de mener les interviews ont falsifié les données. Même le célèbre Fanpage.it, souvent taxé de « woke » ou « d’organe de propagande progressiste » a relevé la manipulation racontant comment des intervieweuses, rétribuées à chaque entretien complété, y auraient répondu elles-mêmes. Les irrégularités ont été signalées et vérifiées, ce qui a conduit l’Istat à sanctionner lourdement Csa Research, une entreprise qui a sous-traité plusieurs enquêtes de l’Institut national de la statistique.
Des questions tendancieuses
Le questionnaire a, de plus, été élaboré en collaboration avec les agents des centres de lutte contre la violence, ce qui interroge quant au caractère non partisan de la chose. La répartition des questions en donne un aperçu : le questionnaire compte 7 questions sur la violence physique, 8 questions sur la violence sexuelle, et bien 24 questions sur la violence psychologique. Tout en reconnaissant unanimement sa gravité potentielle, la violence psychologique se révèle aussi d’une extensibilité illimitée. Rien ne l’illustre mieux que les questions posées :
« As-tu déjà été critiqué pour ton aspect ?
As-tu déjà été critiquée pour ta coiffure ou ta tenue vestimentaire ?
As-tu déjà été critiqué pour ta façon de cuisiner ?
As-tu déjà été surveillée pour savoir comment et combien tu dépenses ? »
Il faut noter que le questionnaire se contente de demander si un tel épisode s’est produit. S’il s’est produit, il est comptabilisé automatiquement comme une violence, même si la personne interrogée ne l’a pas du tout perçu comme tel.
Cette approche gonfle artificiellement les estimations, transformant des conflits relationnels normaux en épisodes de violence psychologique et les conjoints en agresseurs.
Des manipulations lourdes de conséquences
Cette affaire est évidemment une insulte à toutes les femmes qui ont subi de véritables violences. Et ses conséquences ne se limitent pas au climat conflictuel et de suspicion entre les hommes et les femmes qu’elle génère ou à l’influence néfaste qu’elle opère sur des nouvelles générations. L’ISTAT est l’un des établissements à la base des décisions publiques. Si ses rapports sont truqués, les mesures prises par les décideurs seront non vaines et contre-productives, et leur financement privera d’autres domaines appropriés de ressources économiques.
Malgré toutes ces irrégularités, malgré le scandale que suscite un rapport institutionnel qui a subi une triple falsification, ses conclusions demeurent. Les citoyens les moins avertis continueront à croire qu’une femme sur trois en Italie a subi des violences de genre.
La guerre des sexes a de beaux jours devant elle.
Audrey D’Aguanno
Photo d’illustration : DR
[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.
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2 réponses à “Coiffure, cuisine, tenue vestimentaire : de simples remarques sont officiellement comptabilisées dans les violences faites aux femmes”
Une collègue s’est fait traiter de pute parce qu’elle prenait le soleil.
Très intéressante observation de modèles de questionnaires biaisés qui mettent d’avance la réponse dans la question.
« As-tu déjà été critiqué pour… » Qui peut répondre par la négative à de telles questions ? Il y a toujours un moment dans notre vie où chacun de nous est soumis à une critique. Ou alors que ceux qui ont le privilège de n’avoir jamais été exposé à la critique lèvent le doigt. Il y a ensuite les sujets à la critique éventuelle liés à des soucis subjectifs d’apparence ou de réalisation qui vont concerner essentiellement les femmes. Si la réponse à la critique est positive, la victime ne peut être qu’une femme. La victimologie a de beaux jours devant elle. Un excellent business qui garantit un marché juteux à la profession d’avocats.